lundi, 02 novembre 2009
l’ombre et la parole
celle du chêne rouge venue des portes de la forge
ou la voûte du dos de l’amiral courbée au temps reçu
ce soleil indécent sur le clocher pris des paroles
ce blanc des pierres volées aux années du château
ce blanc d’église et sa sonnaille enrouée
du glas des pas tordus sur les pavés
descendre au cimetière
descendre à la tombe qui se met à rompre
à corrompre cette vague trop lourde à porter
le nom presque le mien gravé par l’inconnu
moi qui ne disais jamais rien
voilà que je dis trop des larmes de tous nos gestes
cette chanson qui soudain me revient
celle où je remuais la terre pour planter des bruyères
quand les morts au jardin n’étaient que de simples morts
figés en sourires dans la cour du château heureux
quand mon seul souvenir vivant
n’était qu’une libellule sur un ruisseau
l’ombre de tous ces mots sortis dessous mes pieds
sous les racines fustigeant le silence de ce monde invisible
sous la lumière aveugle qui partout me vacille…
et si c’était juste l’ombre des feuilles qui me parlait
…
08:11 Publié dans Des mots et des mots | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : peintures essentielles
mardi, 25 août 2009
le bateau blanc
ailleurs
peut-être pas si loin
dans l’inconnu d’un rêve aimé
quelque part
habité de la confiance
maison d’arbre
de paille et de silence
de paroles aux mots pour dire
de mains prises en vivres d’exister :
les mains
pour tout comprendre de la vie.
ailleurs
partage en heure bleue et temps de solitude
écrire des pages et des pages de bonheur
les pleurer au soir de la marée
aimer la vague qui tout efface
qui déshabille les yeux de la nuit
à la ponce douce d’un grain salé.
chaque matin naître un bateau
chaque matin gagner un peu plus
la fine transparence de l’invisible
faire de l’aube une pêche nouvelle
dessiner les mains toujours les mêmes
celles qui prennent la source au jour qui vient.
19:12 Publié dans cinq heures dix | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : peintures essentielles, le bateau et la main, les couleurs du bateau
jeudi, 30 avril 2009
rouge et bleu
Les couleurs se délavent.
Un autre monde.
Les rêves un à un se détachent
d’eux-mêmes,
de moi.
Si les larmes pouvaient couler
me souvenir.
Mais les couleurs s’en vont,
elles se pleurent l’une à l’autre.
Dans le pot,
les pinceaux se poussièrent
en noir et blanc.
La lassitude devient plate,
le manteau de tristesse suspendu à un S.
Dehors,
c’est un tableau.
L’avenir blanc des arbres se disperse,
cachant le soleil en particules de neige.
Le nez collé à la vitre,
les mains se battent d’applaudir,
le rouge revient au sang,
l’œil se refait en bleu.
Les couleurs se réparent.
Une autre vie.
Les rêves un à un se souviennent
d’eux-mêmes,
de moi.
Si les larmes pouvaient s’entendre
m’oublier.
Mais les couleurs sont là,
elles se prennent l’une à l’autre.
Dans le pot
Les pinceaux s’impatientent
en sanguines.
La béatitude devient ronde,
l’écharpe du bonheur suspendue dans le vent.
Dedans,
c’est un tableau,
au présent de forces en bouillonnement,
le gîte des palpitations de l’émotion.
Le nez dilaté au parfum,
les mains creusées au ventre de rugir.
Le rouge revient au sang,
l’œil se refait en bleu.
17:35 Publié dans cinq heures dix | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : peintures essentielles
dimanche, 19 avril 2009
altorissima
Et la corolle extatique de l’oeil se fend, frôlant imaginaire le travail des pales d’un temps minéral, de statues muées en ronde de cailloux, lissées aux passages, incurvées, érodées, de milliers d’années, jouant encore le bal des pas perdus pour tous ceux qui sont passés sans les voir.
Il fait bleu comme la trace d’un agrume en coupe orbitale, fossile tournant, éclairant les yeux d’une frimousse de pierre et qui rappelle le souvenir d’un caillou dans la poche d’un enfant.
Le maître du ballet danse de l’univers sur lui-même, les âmes parties, les âmes à naître et celles restées à tout jamais prisonnières dans les embryons de la mer.
Alors s’entendent les cris de tous les oiseaux rappelés au vent et qui regardent d’en haut ce qu’ils ne seront jamais, de l’horreur et de la beauté mêlées, de la vie qui coule sur les galets de l’innocence.
Et les mots s’en prennent d’où ils viennent, à la fleur du ruisseau, à ce creux de sable où se retire la mer, pour ne laisser briller que l’espace d’une marée à l’ombre qui passe…les cailloux, oubliés de la lumière.
*illustration et texte d’après une photo de Jeanne
08:53 Publié dans & | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : aslémita, peintures essentielles
mardi, 11 novembre 2008
la fille du vent
J’aime, et les ténèbres qui entourent le mystère de votre amour, la rougeur noire qui souffle douce colère dans le passage bleu des mots qui me manquent, et que j’invente, loin de trouver cela imaginaire, plus qu’inventer d’ailleurs, car je devine en les dessinant les scènes de vos tempêtes ou de votre calme infini, comment à chaque fois vous vous retrouvez seuls amants au bout du monde l’un contre l’autre blottis.
18:36 Publié dans & | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : asl&, bleu, peintures essentielles
dimanche, 24 février 2008
Le silence des vagues
Je n’irai plus par les mots
par les vagues
j’irai par tes yeux
par ta bouche
de la lumière à l’ombre
de l’ombre à la lumière
j’irai dans tes regards
suivre tes pas.
J’irai sur ton visage
comme sur une plage
qui glisse entre les doigts
sur l’infime de ta peau
de sable si fin
je tracerai le chemin
qui va de toi à moi
de moi à toi
en cercle du monde.
Non je n’irai plus par les mots
par les vagues qui vont et viennent
perdues aux flots du désir
sans jamais toucher l’eau
j’irai par ton corps
au plus profond de toi
j’irai me taire.
J’irai
au creux de ton âme
bercée des fleurs de l’arbre
lassée du sel des larmes
j’irai me perdre dans tes soleils
au rêve de la couleur de ton ciel
j’irai t’aimer
comme je t’aime.
11:55 Publié dans l'écho des mots | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : jeanne, envol, peintures essentielles
dimanche, 23 décembre 2007
nolosé
Quand je pense à toi
C’est un rire que j’entends
Le silence de la plaine
Qui se fend du chemin
Toujours à découvrir
Quand je pense à toi
Je ne pense pas
Je souris sans rien dire
A l’abri devenu si familier
Si présent de le toucher
Sur ses parois lisses
Et qui glissent
Sous mes doigts
Quand je pense à toi
J’ai faim souvent
Des heures du goûter
De tartines au chocolat
Et du miel à volonté
Quand je pense à toi
J’ai des baisers
Des baisers de tous les baisers
A ne plus savoir souffler
Que de l’amour à t’aimer
Quand je pense à toi
Je m’endors
Dans tes bras
Et si je dors longtemps
C’est parce que je sais
Que demain
Tu seras là encore
Quand je pense à toi
J’ai des secrets
Qu’aucun mot ne pourrait dévoiler
J’ai
Les battements de mon coeur
Q’aucun oeil ne pourrait soulever
J’ai les ailes
Pour m’envoler
Si près de toi
Parmi toutes les étoiles
Qui battent l’appel
De nos deux corps retrouvés
Quand je pense à toi
Je ne sais pas
C’est comme si
Tu étais là
Quelque part en moi
Où nous serions deux
Fidèles de notre ombre
Quand je pense à toi
C’est que je t’aime
A oublier
Que tu n’es pas là
Quand je pense à toi
Mais je sais
Que tu comprendras
13:02 Publié dans abandon de forteresse, cinq heures dix, Des mots dans la suite, Des mots et des mots, Des Mots Tions, Introspectres, Les amis d'Aslé, Les nouveaux poèmes, l'écho des mots, Scène en intérieur, sixième ligne | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : anniversaire, laisse moi te dire encore, Aslémita, envol, D'hier et de demain, jeanne, peintures essentielles
jeudi, 11 octobre 2007
de la Lune au Soleil
Au bout de ce monde
Ce sont des milliers de secondes
Qui se noient dans l’onde
A l’infini des saisons
Où tout se meurt en rond
Se touchent les émotions
Seule dans ce paysage
Qu’il soit montagne ou rivage
Lumière ou bien présage
C’est le souffle du temps
Qui avance en marchant
D’un siècle et quelques ans
Des phrases sans rature
D’une beauté la nature
Et de l’absence de l’usure
Au bout de ce chemin
C’est le début et la fin
La ronde de toutes les mains
De cette unique couleur
Mélange de bonheur
Du doute et de la peur
C’est la lenteur que j’aime
Celle à lever les yeux sur ce poème
Ce ciel d’univers blême
A peindre de toute une vie
De noir en éclaircie
De chaleur à la froideur du gris
Des phrases sans rature
D’une beauté la nature
Et de présence être sûre
18:25 Publié dans Des Mots Tions, Les amis d'Aslé | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : nature, anniversaire, Aslémita, D'hier et de demain, peintures essentielles, en attendant le printemps, envol
vendredi, 28 septembre 2007
ailleurs
ailleurs c’est l’île de chaleur
perdue à la ville de noirceur
c’est le moteur à l’intérieur
chauffant les regards de froideur
le refuge de toutes les peurs
l’après soleil prolongateur
ailleurs c’est la lune aux étoiles
invisible dessous le voile
ailleurs c’est là où rien ne se voit
que la douceur douce de soi
18:34 Publié dans Des mots dans la suite | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : peintures essentielles, jeanne
mardi, 18 septembre 2007
Lettre à un ciel
En te lisant, je pense à ça : il me faudrait un ciel uniformément gris, sans rien, sans mouvement, sans éclaircie, sans tempête, un ciel vide au dessus de ma tête, ma tête vide, de temps en temps, juste un peu, ça doit être ça qui me manque…une photo du vide, un texte sans mot…un silence mais un vrai.
Je dis ça mais ça me fait peur.
Le ciel me fait toujours penser à la mer, au départ, à quitter l’endroit que j’aime, au retour de vacances, aux jeux à deviner et voir. Ca me ressemble je sais. A changer sans arrêt, à ne jamais vraiment trouver le calme : cette sérénité dans l’apaisement de l’autre. Je ne peux pas faire sans nuages et rêve de grande étendue bleutée. Et l’on m’accuse de la recherche de perfection, de ce qui n’existe pas. Moi je ne sais pas. Je n’ai pas encore trouvé ce qui me comblerait à m’éteindre du feu qui m’anime. Même si petit comme aujourd’hui, j’ai toujours envie de revivre. Chaque jour.
19:32 Publié dans Correspondance, Des mots dans la suite | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : peintures essentielles


