dimanche, 15 février 2009
Au pied des mots
non je ne me priverai pas
aux bras tendus de l’arbre
à son corps nu entrelacé
des charmes sorciers d’une femme
non je ne reculerai pas
à poser les mains partout
à m’enduire la peau de désir
à me serrer si fort contre l’écorce
qui me prendra
et engloutira tout mon être
par la soif de plaisirs inconnus
non je ne résisterai pas
à tous les oliviers qui passeront
j’écouterai la même chanson
celle des ailes d’une cigale
pour me mettre à feu et à flammes
non je ne me priverai pas
d’un poème d’oliveraie
couchée au flanc d’une colline
quelque part
au pays des amours brûlantes
où craque une herbe vieille de cent ans
non je ne manquerai
pour rien au monde
ne serait-ce que quelques secondes
le délivrant soupir
qu’une simple olive puisse m’offrir
et non…
je ne me priverai pas d’aimer
la beauté de tous les arbres
*et cliquez sur la photo pour voir d’où mes mots viennent
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mercredi, 31 octobre 2007
La porte sans porte
Première porte
Les murs ont des silences
Auxquels personne ne pense
Ils s’assourdissent sous ton passage
Et tu ne lis plus que les messages
De cet ailleurs dont ils te parlent
D’un vieux pays mort sous les balles
Deuxième porte
Ma maison c’est la tienne
Même fille de tendre hyène
Tu vois aussi toute ma prudence
A vivre ce beau pays de France
Troisième porte
Et si mon nom débaptisé
En mouton de panurge ressuscité
Pouvait sourire de l’éclat bleuté
Alors je le ferais sans reculer
Quatrième porte
Je n’aime pas la trilogie
Juste l’agneau dans la bergerie
Qui bêle sous l’appel de la patrie
Tu sais celle qui est ta mère pour la vie
Cinquième porte
Je me bats comme je peux
Perdue entre tous ces dieux
D’une main tendue à celle qui m’arrête
J’ai le gosier sec de l’arête
Celle qui m’étrangle à la frontière
De devenir la sœur de tous mes frères
Sixième porte
C’étaient au départ quelques photos
Et voilà que j’entends déjà le pas des mots
Qui tracent les chemins de ma mémoire
Avec comme une immense gerbe noire
A vomir durant des heures les images
De l’horreur toujours d’un nouvel âge
Septième porte
Mais tant qu’il y aura des grues au ciel
Des abeilles pour fabriquer le miel
De la rosée aux feuilles d’automne
Des enfants qui crient et qui s’étonnent
De la sueur à partager des combats à mener
Des mains unies éprises d’une même volonté
Je crois que la porte sans porte
Ne sera pas prête de se refermer
17:43 Publié dans Des mots dans la suite | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : ars et phasme
samedi, 22 septembre 2007
AJA : "vague"
Pour une chanson qui ne voulait pas s’écrire
Les mots blancs figés les phrases muettes à dire
Pour une chanson qui cherchait en soi l’inspire
Les yeux noirs bouclés l’oreille fermée de lire
Pour une fille perdue en ombre d’avenir
L’émotion brisée les sens brûlés à maudire
Pour une fille perdue face au souvenir
Les doigts et l’œil se sont offerts de leurs sourires
Pour la mélodie de notes qui se balancent
Au gré du fil invisible d’une douce danse
Pour l’image de corps soufflés d’impertinence
Au voile transparent de tendres indécences
Les lettres se lient entre elles de nonchalance
Loin d’elles la noirceur d’une cohérence
Elles s’abandonnent aux couleurs de circonstance
A la musique bleue jouée de confidences
A l’image orange bercée d’insouciance
Aux musicien et photographe de providence…
Musique: Jipes
Photographie: Ars
10:42 Publié dans De la musique..., Musique, trio AJA | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : ars et phasme, jipes
mercredi, 01 août 2007
corps et délire
Ensorcelée de désir, la bête se fit créature se couvrant la peau de plaisir, prête à bondir et mordre à pleine dent la chair à venir. Dans ses yeux nul ne pouvait lire l’éclat amoureux, cachant ainsi le reflet de la belle qui était là face à elle auréolée de fumée caramel d’où s’échappaient les senteurs cuivrées de diablesse à dévorer…
Retrouvant ses esprits après une si longue nuit à s’assouvir, elle avait encore les traces du méfait accompli sur lesquelles d’un tour de langue elle pouvait goûter encore les fruits de son trésor...
Les photos sont ici
09:50 Publié dans Des mots dans la suite | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ars et phasme
samedi, 21 juillet 2007
Dans les yeux du chat
Je voudrais être un chat
Ton chat peut-être
Et te regarder du bord de la fenêtre
Le chat en avait vues plus d’une
Se trémousser sous la Lune
Mais celle-là c’était la sienne
Elle, cachée derrière les persiennes
Simplement vêtue de son corps
Avec autour du cou un collier d’or
Il faisait pourtant si sombre
Nul n’aurait pu apercevoir l’ombre
Seul le chat louvoyant de désir
Dans la noire caresse de son œil mire
Seul le chat pouvait croquer la souris
Elle était si belle en fleur de nuit
Son ombre offerte d’un incendie
Les étoiles les étoiles toutes…oui
Le félin brûlait des yeux d’emporter
Dans ses bras la douce dévoilée
Alors bondissant de n’en pouvoir plus
Il la couvrit de miaulements sans retenue
…il n’y a plus de chat aux persiennes
Seules les flammes qui sont les siennes…
Le chat se fit souris
La souris se fit chat
Le chat se fit amie
La souris se fit toi
Et c’est ainsi
Le chat noir épousant la souris blanche
Que naquirent des milliers d’éléphants
…
12:53 Publié dans Des mots dans la suite | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : ars et phasme, sans contrefaçon, etc
vendredi, 13 juillet 2007
quelques mots
A Melle Ars
Quelques pas pris au hasard d’un verre
Sans lendemain ou alors juste sans hier
Quelque part pris au hasard d’une lumière
Sans contre-jour ou alors juste sans prière
Quelques voies prises au hasard d’une gare
Sans terminus ou alors juste sans départ
Quelques éclairs pris au hasard d’un regard
Sans précision ou alors juste en retard
Quelques personnes prises au hasard d’une vie
Sans soumission ou alors juste sans éclaircie
Quelques fois prises au hasard de mes envies
Sans prétention ou alors juste sans avoir ri
Quelques photos prises au hasard d’une nuit
Sans insomnie ou alors juste sans ennui
Quelques mots pris au hasard d’un bruit
Sans le silence ou alors juste sans lui
Quelques cheveux pris au hasard d’un jour
Sans amertume ou alors juste sans parcours
Quelques jours pris au hasard des contours
Sans idée faite ou alors juste sans détour
Quelques fois prises au hasard des lois
Sans injustice ou alors juste sans une fois
Quelques mois pris au hasard des bois
Sans un miroir ou alors juste sans moi
Quelques images au hasard de mes yeux
Avec un œil ou alors juste avec deux
Quelques couleurs au hasard lumineux
Avec un cœur ou bien même deux
Quelques traces au hasard de mes pas
Juste mon âme perdue à bout de bras
17:55 Publié dans Des mots dans la suite | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : ars et phasme
jeudi, 12 juillet 2007
La formule bleu orange
De retour sur sa planète, Aslé se précipita pour mettre la photo recto-verso au frais dans le conservateur des mots.
Se faisant, elle s’aperçut soudain de l’absence d’un ingrédient indispensable pour son repas spirituel du soir : un bouquet de…persil ! Or il s’avérait qu’à cette heure tardive, toutes les planètes étaient éteintes…sauf…sauf une toute petite planète qui fourmillait encore de fils lumineux.
Dans ce grand shop de l’espace, elle savait qu’elle n’aurait à offrir que quelques escargots de sa colonie contre une immense botte de persil. Mais elle ne pouvait déchirer un coin de la photo…
Assise sous la lanterne rouge orangé qui éclairait l’entrée des rêves, elle se mit à réfléchir…lorsqu’une fée vint à passer dans un nuage-baignoire de bulles de savon multicolores(je fais une pause fou rire).
-Aslé Aslé…quelle est la raison de ce désarroi ?
-Chère Fée, je cherche comment immobiliser une grenouille vadrouillante quelques instants, oh juste quelques instants, le temps de cueillir des brassées de persil sous la lumière étoilée de son royaume enchanté car la race volante escargotière toute entière est en danger sous la terrible menace qui pèse…(Aslé reprenant son souffle) celle que puisse disparaître à tout jamais ce soir la fabuleuse aventure des escargots des airs…
-Aslé Aslé Aslé Aslé Aslé Aslé Aslé Aslé Aslé Aslé Aslé Aslé…(oui j’aime trop entendre mon nom prononcé par une fée)…laissez-moi le temps de retrouver la formule de la bulle emprisonnante.
…pendant ce temps, sur d’autres planètes, le repas était à la fête de steaks qui saignaient sous le regard haché de la tristesse infinie de dents de lait qui n’en finissaient pas de tomber…
Et l’envie forte de persil revenait comme le petit matin dans un bol de café, l’impatience gagnait Aslé, ce persil c’était tout son esprit, toute son eau de vie, tout son haut de là, toute sa liberté…dans l’attente tous les mots défilaient…. Encore et encore jusqu’à s’endormir dans un rêve de laurier…
…et dans la nuit sans relâche les mots défilent, les derniers essayant de rattraper les premiers dans une course insensée. Ils passent et repassent en défilé, une vaste parade comme un concours où l’on oublie le précédent quand se prépare le suivant. Impossible de s’arrêter, impossible de suivre le mouvement…J’ai le tournis. Je ne veux pas ça : une pile de cahiers en éternel recommencement, un crayon qui aimerait s’arrêter, se taire et n’avoir rien à dire qu’un seul unique mot…
Envie d’une page blanche à moi, d’un crayon à papier sans gomme et de dessiner des mots dans le silence, lentement sans y penser. Laisser tracer ma main de droite à gauche enfin…. Et me reposer sur ce que je suis.
Je suis : c’est ce que j’étais avant, avant tout, avant d’apprendre, avant d’apprendre des autres comment il faut « être »… comme tout le monde.
Je suis des sensations, je suis un corps, je suis une révolte, je suis la paix, je « suis » le cours de ma vie, je suis rapide, je suis lente, je m’arrête et je contemple, parfois le vide…Et alors ! J’aime me reposer dans le néant…D’ailleurs je ne vois pas d’autre endroit…A part cet « autre » , cet improbable qui saurait se taire et s’effacer pour m’écouter quand je n’ai rien à dire. Mais ça n’est pas un espace, c’est quelqu’un, c’est une âme contre qui fermer les yeux, c’est s’abandonner, c’est dormir et rêver les mêmes rêves…
Je suis : c’est exister dans mon existence et mon existence c’est d’être « je ». Et « je » c’est pour dire que j’existe, mais pas seulement…Et « je » me soulage d’être moi… et me fais accepter comme je suis… Quelqu’un à ne confondre avec personne d’autre que moi…
Après les douces pensées de la nuit, Aslé se sentit réconfortée…la formule bleue planait d’être enfin révélée…et dans un sourire elle se mit à ne plus l’attendre pour enfin l’écrire dans le regard des yeux merveilleux qui l’entouraient…
(à suivre)
11:25 Publié dans histoires D'Aslétie, Scène en intérieur | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : ars et phasme
lundi, 09 juillet 2007
Phasmagie
Des nuages déchirés il faut tourner la page
Mes pensées volent d’image en image
Et se sont arrêtées là comme sur une plage
Une photo d’encre noire foudroyée d’un message
Clic
11:05 Publié dans l'écho des mots | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : ars et phasme
vendredi, 06 juillet 2007
grenangeouille
Il y a des anges grenouilles
L’œil auréolé d’un nénuphar
Elles éclaircissent les eaux des mares
Il y a des anges licornes
L’œil torsadé par l’étrangeté
Elles embellissent les prés salés
Il y a des anges étoiles
L’œil brillant de tout leur firmament
Elles agrandissent infiniment
Il y a des anges à la lune
L’œil clignant dans le mille degré
Elles appétissent de nouveauté
Il y des anges sur la terre
Ferme les yeux pour les deviner
Leurs ailes bruissent de beauté
Une grenouille, une licorne, une étoile, la lune, la terre et les ailes d’un ange dans un sourire pour encore toujours pouvoir te dire Merci.
06:45 Publié dans Les nouveaux poèmes | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : Fées et magies, nature, ars et phasme
mercredi, 04 juillet 2007
double éclaircie
J’ai trouvé une montagne sur les flancs de laquelle à courir et à rouler nous pourrons jouer.
Ici la pluie ne cesse de tomber alors que là-bas sous le soleil s’éteint la rosée du matin et c’est si beau l’averse sur les vitres qui tambourine, le bruit de l’eau alors que mes yeux respirent la douce clarté d’une photo comme le parfum frais d’un fin ruisseau caché. Il coule, il coule des images… des images de fleurs sauvages, d’étages d’alpages, il court… il court tout autour de moi le désir immobile de partir, celui de m’allonger et de rêver d’y être et que lorsque j’y serai, je me dirai c’est comme c’était dans mes pensées.
Il ne pleut plus et je souris, peut-être que là-bas oui… mais je n’ai plus peur des nuages qui retiennent les éclaircies en otage, je sais maintenant comment elles se délivrent quand pointe l’orage.
Les nuages ne font que passer et c’est de souffler dans le bon sens pour encore plus vite les chasser.
Alors je souffle, je souffle des mots de noir et blanc pour laisser libres les couleurs de me noyer le cœur tout à l’intérieur de cette photo d’ici et d’ailleurs…
PHOTO : ARS
17:15 Publié dans Des mots dans la suite | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : nature, ars et phasme




