dimanche, 15 mars 2009

Ma terre

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Ma terre, celle de mon jardin

Où prennent les miracles

Quand après le passage des bulldozers

Naissent des pavillons à l’ocre fleurie.

 

Ma terre, minée par l’Histoire

Rouillée par les détails de la guerre

Sur la place d’un immense champ

Creusé aux yeux des cadavres de Hans

A l’ombre des montagnes noires offertes

au souffle perdu des hommes au fond du trou.

 

Ma terre, celle où pousse la menthe de mon grand-père

Le souvenir pris de son jardin juste avant la dernière vague.

 

Celle du thym, comme une colline rêvée de Provence

A repiquer à donner à parfumer de tous les plats

Et qui refleurit à chaque fin de printemps

Toujours plus riche et plus unique

D’être le seul à se contenter de si peu pour vivre.

 

Ma terre, celle aux narcisses et jonquilles mêlés

Avec ses tulipes rouges de toutes les hollandes

Ses lignes pour rire en fière armée dressée

Et si belles évasives les pétales ouverts en fin de vie

Quand enfin vient le temps promis des premiers semis.

 

Des rideaux de fleurs au devant des pommes de terre

Des potirons qui courent entre l’ail et l’échalote

Des arrosoirs débordés d’heures au coucher du soleil.

 

Et les parfums de la nuit sur la vieille banquette avachie

A regarder parler les étoiles et écouter la terre se noyer.

vendredi, 01 août 2008

I leave a reply for you in my summer time.

Des mots découpés, ciselés, des fragments d’eau étincelante, un paysage en découpe mais sans acharnement, sans raideur dans le geste, avec précision mais pas celle d’un scalpel, c’est la finesse d’un trait qui après être longtemps resté muet, se prend d’émotion pour un souvenir, les détails deviennent des êtres tranchés avec leur caractère, montagne jeune, abrupte, passage escarpé, fluidité du vide, torrent filé d’argent à faire revivre les éclats de roche sous les pieds…
Ma cicatrice sur mon gros orteil rond et charnu.
Je ne suis que des courbes et c’est tant mieux, j’ai sillonné cette nature, j’en garde une toute petite blessure, toute petite à rouvrir comme une photo glissée dans une lettre jamais écrite à ma mère.
Cette mère drapée qui me doit mon prénom, ce geste et cette trace que je trouve enfin dans mon regard.

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dimanche, 13 juillet 2008

de vous à moi

vous étiez là belle assise sous la tonnelle
les jambes croisées dans la pâleur d’une aquarelle
vous posiez les lueurs de votre si jeune fraîcheur
sur les pages d’un livre que vous connaissiez par coeur
les mots douceur sur vos cheveux glissaient tout en silence
vos mains étaient les deux papillons blancs d’une danse
mariant bonheur et espérance de ces lignes d’amour
qui se tournaient en vie d’être à ce jour
la fleur épanouie au bras ami de cet ailleurs
vous étiez là belle promise à battre de votre coeur
ces mots comme écrits à la source de votre désir
vous l’imaginiez sortir parfum vivant dans un soupir
celle qui vous offrait la liberté de n’être qu’une caresse
un baiser une chaleur un souffle amant épris de la tendresse
de celle qui depuis tous ces jours vous habite toujours
de celles que vous n’oublierez jamais parties sans retour
car vous êtes là belle assise de pouvoir écrire
à votre tour tous les mots qui s’ouvrent à vos sourires
comme tous ceux aussi qui rêvent entre les rides de vos yeux
lorsque la main amie vous prend au merveilleux
et vous emporte de ses lèvres votre présence
pour plonger en elle d’une confidence au monde du silence

dimanche, 23 décembre 2007

nolosé

Quand je pense à toi
C’est un rire que j’entends
Le silence de la plaine
Qui se fend du chemin
Toujours à découvrir

Quand je pense à toi
Je ne pense pas
Je souris sans rien dire
A l’abri devenu si familier
Si présent de le toucher
Sur ses parois lisses
Et qui glissent
Sous mes doigts

Quand je pense à toi
J’ai faim souvent
Des heures du goûter
De tartines au chocolat
Et du miel à volonté

Quand je pense à toi
J’ai des baisers
Des baisers de tous les baisers
A ne plus savoir souffler
Que de l’amour à t’aimer

Quand je pense à toi
Je m’endors
Dans tes bras
Et si je dors longtemps
C’est parce que je sais
Que demain
Tu seras là encore

Quand je pense à toi
J’ai des secrets
Qu’aucun mot ne pourrait dévoiler
J’ai
Les battements de mon coeur
Q’aucun oeil ne pourrait soulever
J’ai les ailes
Pour m’envoler
Si près de toi
Parmi toutes les étoiles
Qui battent l’appel
De nos deux corps retrouvés


Quand je pense à toi
Je ne sais pas
C’est comme si
Tu étais là
Quelque part en moi
Où nous serions deux
Fidèles de notre ombre

Quand je pense à toi
C’est que je t’aime
A oublier
Que tu n’es pas là

Quand je pense à toi

Mais je sais
Que tu comprendras

jeudi, 11 octobre 2007

de la Lune au Soleil

Au bout de ce monde
Ce sont des milliers de secondes
Qui se noient dans l’onde
A l’infini des saisons
Où tout se meurt en rond
Se touchent les émotions

Seule dans ce paysage
Qu’il soit montagne ou rivage
Lumière ou bien présage
C’est le souffle du temps
Qui avance en marchant
D’un siècle et quelques ans

Des phrases sans rature
D’une beauté la nature
Et de l’absence de l’usure


Au bout de ce chemin
C’est le début et la fin
La ronde de toutes les mains
De cette unique couleur
Mélange de bonheur
Du doute et de la peur

C’est la lenteur que j’aime
Celle à lever les yeux sur ce poème
Ce ciel d’univers blême
A peindre de toute une vie
De noir en éclaircie
De chaleur à la froideur du gris

Des phrases sans rature
D’une beauté la nature
Et de présence être sûre

dimanche, 07 octobre 2007

mots de mercure

amertume
bitume
coutume
rouge et bleue
la grue
costume
parfume
présume
elle tourne
les yeux
rue princesse
rue royale
rue nationale
longueur du feu
coupée en deux
allume
rallume
clignote
orange
danger chantier
une porte
un escalier
un palier
un baiser
la fenêtre
rouge et bleue
la grue tourne les yeux
un chant amoureux
une chanson d’adieu
les mots se suivent
je passe devant
palais de l’Europe
parfum d’Asie
palais et langue morte
il pleut des bruits des sons
je me sens idiote
assise dans la cohorte
je prends l’air absent
j’écris
des mots
des mosaïques
je pense à elle
rouge et bleue
je tourne les yeux
je monte en moi
je suis dehors
dressée fragile
par-dessus les toits
les rues les avenues
la place de la république
mon regard oblique
je me tire
un long trait d’horizon
et je respire
frisson d’évasion
je suis la grue rouge et bleue
juste un œil planté au milieu
les bras tendus écartés
à frôler la courbe de ses pensées
et cette envie de m’écrouler
pour qu’elle cesse de me regarder
et qu’enfin elle puisse m’écouter
dans le fracas de mon fer désarticulé
au pied de la plus haute tour imaginée
je l’aime je l’aime je l’aime
dans tout ce qui n’est pas un poème
dans la vie dans la ville
dans l’usine estudiantine
dans la voie de l’histoire naturelle
sur la couleur de sa peau
dans les tracés des cercles d’eau
en courant les marches de son corps
quand elle me dit et tu dors encore
en s’explosant d’un rire sonore
des miettes des miettes et des miettes
des poussières de graines qui essaiment
de l’amour incertain partout en refrain
rouge et bleue
la grue
tourne
les yeux
rue princesse
rue royale
rue nationale
longueur du feu
coupée en deux
allume
rallume
clignote
orange
danger chantier
une porte
un escalier

et c’est la nuit tombée

jeudi, 20 septembre 2007

tout contre toi

Tout contre toi
Les mots s’éteignent
Les phrases s’envolent
Et je perds la parole
Sous le règne de ton corps

Tout contre toi
Les yeux se décernent
Les paupières s’ensommeillent
Et je dors ivre à la nuit
Sous le souffle de ta vie

Tout contre toi
Les peurs s’effacent
Les heures se passent
Et je rêve le jour
Sous l’appel de ton amour

Tout contre toi
Les pages s’écrivent
Les lignes se serrent
Et je m’envole pinceau
Sous la couleur de ta peau

Tout contre toi
Les années s’espacent
Les saisons s’enlacent
Et je suis fleur à l’âme
Sous les soupirs de ton coeur

Tout contre toi
La joue sur ton épaule
Dans le matin tout bas
Je chante le jardin
Sous le parfum de nos deux mains

samedi, 07 juillet 2007

En vers et contre-Aslé

Prise dans l’impitoyable cavalcade
Sous l’assaut des replis ennemis
Je songe au passage de la Tamise
De ce mâle étendard viking
Que je parcours d’une folle histoire
Dans laquelle aux crises de l’espoir
J’allume l’œil rougi de l’incendie
Qui m’emportera jusqu’à nulle part
Alors j’irai poussières de cendre
Me déposer enfin du soulagement

Comme le retour de gloire victorieuse
Du fin fond des trésors de l’arme déployée
Les cris se feront résonner de l’épique liberté
A cette époque je serais de moi la reine
Et je me fuirais en traînes de fumée
Toujours les flammes pour me servir
Je brûlerais de tous mes écrits passés
Alors j’irai poussières de cendre
Me déposer enfin du soulagement

Mais le récit à l’avenir en fut bien autrement
De l’élixir puissant de ses souvenirs tirés
Aslé en elle garda cette précieuse volonté
Au plus fort de l’hiver les passages de l’été
Les temps du signe s’inscrivaient dans l’éternité
Et les automnes se perdirent dans les auras glacées

dimanche, 24 juin 2007

Il est des jours...

Il est des jours gris
il est des jours bleus
des jours d’ennui
des jours heureux
et des jours sans jour
quand s’efface l’amour.

Il est des choses
il est des vides
des couleurs roses
des temps morbides
et des pluies sans eau
quand tombe le drapeau.

Il est des mots nus
il est des phrases
des sens inconnus
des cris d’extase
et des silences
qui pèsent l’absence.

Il est des étoiles
il est des rancoeurs
des bateaux à voile
des bruits de moteur
et du vague à l’âme
d’aimer une autre femme.

Il est des moments
il est des journées
des plaisirs dedans
des désirs rentrés
et des déchirures
que rien ne rassure.

Il est des vies noires
il est des atolls
des plaies sans espoir
des rêves d’acropole
et des traversées
que le cœur a désertées.

Il est des toujours
il est des jamais
des regards d’amour
des vers imparfaits
et des vents contraires
qui poussent à tout refaire.

Il est des il était
il est des contes
des crimes défaits
des pires de honte
et des scènes folles
quand les colombes s’envolent.

Il est des jours gris
il est des jours bleus
des jours d’ennui
des jours heureux
il est des jours perdus
que le temps tue.

mercredi, 13 juin 2007

souvenirs en vie

Ma sœur mon amour passé

Les fruits mûrs si bien gardés
Sous mes lèvres assoiffées

Les collines et les vallées
Dans un long frisson d’été

Les mains sur l’onde glissées

Les caresses emportées
De tendre curiosité

Les mots de rimes croisées
A l’oreille murmurés

L’heure du soleil couché
Celle des fleurs enlacées
~
Au château inhabité
Les souvenirs sont restés
~
La saveur de tes baisers
Framboises et fraises mêlées

La pluie dans l’herbe allongées

Les sourires esquissés
Du coin de l’œil effleurés

Ton premier regard posé
Sur les marches de l’entrée

L’œil dans lequel je suis née
Sous ta passion désirée
Quand mon cœur s’est retourné
De me découvrir aimée

Ton chemisier déchiré
En traversant les rosiers
Les gouttes de sang perlées
Mouillant ta peau dévoilée
~
Tout ce qui est enfermé
Au secret de mes pensées
~
Rien ne pourra remplacer
Ce qui de nous a été
~
Je ne veux pas oublier

Le bonheur à traverser
Cette étendue d’eau salée
Les noyades aux bras serrés
Et les silences en apnée
De sirènes dessinées
Sur nos deux corps épuisés

Après toutes ces années
Les souvenirs sont restés
Les jours d’être abandonnée
Toute seule à respirer
Les pages du calendrier

Toutes les notes