mercredi, 16 septembre 2009
sourire
et si j’écrivais plus petit
correction carrosse
j’aurais les pages d’un livre
pour me tenir d’abri
j’écrirais la gazelle qui n’enfante que des tigres
la hauteur de ses cris face au coq en sursis
comment elle noya le mauvais homme
habillée en éléphant noir taché de blanc
la vie la vie est un royaume de souris
parlez-en aux mots sous le roller bic
la toile l’étoile le fond des rimes
les jours qui passent sous l’essuie-glace
voyez comme mes paroles sont marquées
je finis par parler-dire comme j’écris
et si j’écrivais plus petit
pour être sérieuse dans un livre
des îlots de paragraphes sur la banquise
un ours gentil une usine à traîneaux
une esquimaude aux belles joues chaudes
et une alerte aux pôles de l’intérieur
pour un joli meurtre avec un collier de fleurs
je ris je ris j’atteints la mort orange sans soucis
voyez même dans mes rêves de cette nuit
dans la pochette de feutres pour Inès
il y avait une araignée toute bariolée
et si j’écrivais plus petit
c’est qu’il me faudrait en nourrir des mots
de la langue en silence que j’expire
l’élevage de tous mes enfants pris à tous les temps
les faire s’aimer ensemble sur les feuilles
tombées d’une imprimante à moteur d’encre…
…et si j’aimais plus grand
[…]
source image : IcI
17:53 Publié dans cinq heures dix | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : aslémita
samedi, 05 septembre 2009
puis j'ai nagé avec le temps
j’ai poussé des épaules
les cases aux cloisons gorgées d’eau
j’ai écrit tout le temps de l’océan
les paroles avec les vagues du ciel
des choses que personne ne peut comprendre
parce que j’ai coulé le bateau à l’échelle verticale
en traversant mon ombre de si loin perdue
j’ai poussé des épaules
de mes muscles élevés au silence de l’eau
face à la glace
j’ai épousé mon image chaque matin
pour espérer le fluide d’une sirène à deux pieds
un jour bleu m’échouer libre d’aimer
prendre dans mes bras les vagues de ses paroles
tendre en réponse l’écho de sa peau qui résonne
pour lui dire comment le bateau avait explosé
j’ai poussé de mon âge fort toutes les cases
pour en faire une belle unique et sans fin
j’ai écrit en grandes lettres
celles où l’on peut mettre tout dedans
la folie, l’ignorance, la bêtise, la provocation
et tout ce que les autres peuvent imaginer
quand ils ne savent pas
mais moi c’était à l’amour que je pensais
et c’est toujours à l’amour que je pense
en écrivant tous les titres de ma vie
puis j’ai nagé avec le temps
le temps et moi pour oublier tout le bateau
croiser des bribes de bonheur pour tisser l’île
l’île de sable et de vent qui n’existe pas
ailleurs que dans la profondeur du coeur
08:27 Publié dans & | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : aslémita, alien, le bateau et la mer
dimanche, 26 avril 2009
I don't care if the sun don't shine
Il y aurait toujours les étoiles
et la Terre ne s’arrêterait pas de tourner
petits et grands malheurs
il y aurait toujours les étoiles
à qui confier son coeur
D’autres fois elle parlait aux fleurs
qui tapissaient les murs de sa chambre
elles s’enlaçaient sur elles-mêmes
sans début ni fin
le rond de leur centre en oeil attentif
elles écoutaient tous ses mots tristes
Par moment il y avait des chansons
alors elle se taisait pour s’entendre
pleurer au timbre d’une voix inconnue
l’amour ne reviendrait plus
comme une vie foutue
Il y avait des hurlements aussi
des coups de corps sur le sol
les nuits sans étoiles
les nuits sans fleurs
les oreilles closes
…
Il y avait toujours les étoiles
et la Terre ne s’était pas arrêtée de tourner
petits et grands malheurs
la vie avait forgé son coeur
et de ses quinze ans qu’avait-elle gardé ?
hum…
…l’amour des fleurs tout simplement
*Voilà c’est un p’tit clin d’oeil à qui a dit que je suis une adolescente amoureuse… !
11:33 Publié dans Des mots dans la suite | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : aslémita, poésie dominicale
dimanche, 19 avril 2009
altorissima
Et la corolle extatique de l’oeil se fend, frôlant imaginaire le travail des pales d’un temps minéral, de statues muées en ronde de cailloux, lissées aux passages, incurvées, érodées, de milliers d’années, jouant encore le bal des pas perdus pour tous ceux qui sont passés sans les voir.
Il fait bleu comme la trace d’un agrume en coupe orbitale, fossile tournant, éclairant les yeux d’une frimousse de pierre et qui rappelle le souvenir d’un caillou dans la poche d’un enfant.
Le maître du ballet danse de l’univers sur lui-même, les âmes parties, les âmes à naître et celles restées à tout jamais prisonnières dans les embryons de la mer.
Alors s’entendent les cris de tous les oiseaux rappelés au vent et qui regardent d’en haut ce qu’ils ne seront jamais, de l’horreur et de la beauté mêlées, de la vie qui coule sur les galets de l’innocence.
Et les mots s’en prennent d’où ils viennent, à la fleur du ruisseau, à ce creux de sable où se retire la mer, pour ne laisser briller que l’espace d’une marée à l’ombre qui passe…les cailloux, oubliés de la lumière.
*illustration et texte d’après une photo de Jeanne
08:53 Publié dans & | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : aslémita, peintures essentielles
jeudi, 05 mars 2009
…presque rien à dire
Certains diront quelle drôle de vie
Alors je leur répondrai c’est ma vie
Je n’ai pas vraiment tout choisi
Mais il n’y a rien que je n'aie subi
Je ne suis plus l’enfant vexée
Qui courait s’enfermer dans sa fierté
J’ai appris à savoir tout écouter
Et faire de mon silence ma liberté
Certains diront quelle drôle de femme
Alors je leur répondrai c’est « mon » drame
Je n’ai pas vraiment tout d’une femme
Mais il n’y a rien en moi qui soit infâme
Je ne suis plus ce corps plein de désir
Qui courait insouciant de son avenir
J’ai appris qu’il y avait d’autres plaisirs
Ne serait-ce que déjà celui d’écrire
Certains diront quelle drôle de chose
Alors je leur répondrai c’est ma prose
Je n’ai pas vraiment tout d’une rose
Mais il n’y a pas de parfaite chose
Je ne suis pas de l’intelligence
De celle qui se marque en évidence
J’ai appris avec les circonstances
Tout au long des pas de la danse
Certains diront quelle drôle de vie
Alors je leur répondrai c’est ma vie
Je n’ai pas vraiment tout choisi
Mais il n’y a rien que je n'aie subi
Je ne suis plus au rêve du plus beau
Je suis ma peau et tous ses défauts
Il y a ceux qui s’effacent avec de l’eau
Mais pour le reste la chair reste de maux
Certains diront quelle drôle d’histoire
Alors je leur répondrai vous voulez voir ?
Je n’ai plus personne à qui me décevoir
Mais il n’y a rien de plus terrible qu’un miroir
Et tout en moi s’accélère à la septième vitesse
Mes gènes entre eux se lancent des s.o.s
L’amour fou me tambourine les fesses
Non je n’ai pas encore l’âge de la vieillesse
Certains diront quelle drôle de femme
Alors je leur répondrai c’est « mon » drame
Je n’ai pas vraiment tout d’une femme
Mais il n’y a rien en moi qui soit infâme
…
16:50 Publié dans cinq heures dix | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : aslémita, etc
samedi, 24 mai 2008
*A ne pas effacer
on ne badine pas avec les mots
d’ailleurs avec tout ce qui peut blesser
la déception est-elle pire qu’une trahison
et puis qui de vous deux a trahi l’autre le premier
qui fut le sourd
qui fut muet
au tout début ou à la fin
la seule chose qui soit certaine
c’est la souffrance
je lis des mots et je me tais
il y a eu assez de coups de pinceau
tant de couleurs superposées
de traces croisées et recroisées
d’entrechats légers
jusqu’au rouleau de papier peint
qui se fond en blanc
sur les murs de la folie
pourtant il faut bien que je dise
parce que moi aussi je sais
sans doute moins bien
sans la colère
pas encore
j’espère jamais
alors je réponds à un souvenir
pour ne plus jamais le rencontrer
mais
j’ai confiance dans mon présent
et toi aussi monsieur du ciel
qui veux suivre les routes du silence
car si le trouble sonne l’impertinence
il y a
le blanc qui résonne de l’innocence
je souris touchée de phrases qui me parlent
je comprends ce qu’elles me disent
même si elles signifiaient tout autre chose
je prends tout ce qui me touche
plus que des signes je crois à l’amour
(Jeanne j’ai lu un blog…c’est tout…enfin,, je veux dire après j’en ai lus d’autres mais dans ma grande paresse clavière, les mots ensuite sont restés dans ma tête)
Je t’aime…ma belle balle…
19:45 Publié dans &, l'écho des mots | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jeanne, Aslémita, laisse moi te dire encore, envol, Fées et magies, nature, jeanne
samedi, 12 avril 2008
Soleil
j’ai
dans la tête
du soleil
un pied
deux pieds
des pieds
des claquettes
des socquettes
des sourires
des baisers
des ailes
un cœur
deux cœurs
le soleil
et un
et deux
et deux soleils encore
mon amour
mon amie
j’ai toi dans la tête
j’ai toi
j’me sens bien
j’me sens bête
j’ai jeté mes chaussettes
par la vitre grande ouverte
j’me sens bien
j’ai du soleil
qui roule sous les paupières
j’me sens bien
j’me sens prête
à te prendre dans mes bras
pour t’emmener où tu voudras
j’me sens bien
j’ai de l’amour
qui pousse au bout des doigts
j’me sens belle
j’me sens pleine de toi
je t’aime
je t’aime
à te l’écrire des milliers de fois
ce soleil
qui bat en moi
c’est toi
j’me sens bien
j’me sens belle
en princesse des lilas
j’me sens douce
quand tu es là
j’me sens bien
j’ai du soleil
qui brille en moi
16:36 Publié dans & | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jeanne, nature, envol, Aslémita
mercredi, 30 janvier 2008
...en mer des Aslégates
confusion
infusion
diffusion
fusion
c’est d’abord le trouble confus qui s’installe
tu ne sais pas, alors discrètement tu infuses
et plus tu infuses et plus ça devient fort
alors tu n’en peux plus et tu diffuses ton émotion
tu la prends dans un mot
tu l’apprends de sa bouche
tu la bois d’un seul souffle
tu la serres brûlante
et tu lacères le filet de ton coeur
pour remonter à la surface de ses yeux
tu plonges
ta peau pleure des frissons
tu t’immerges en elle
et de son parfum tu meurs
noyée dans son silence
…
Rien à voir...et encore !
"All of Us Are One People"

A écouter très fort quand même...ça tue les miasmes !!!
J'aime !
11:55 Publié dans Des Mots Tions | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : Aslémita
dimanche, 13 janvier 2008
vivre
face à la mer inconnue
moins seule de te savoir là
je peux enfin prendre le temps
celui de regarder tout simplement
cette force monter en moi
et qui me vient de toi
celle de me laisser m’abandonner
à la confiance de tes bras
face à la mer que tu connais
moins seule de pouvoir t’aimer
mon corps de rupture se détend
j’entends le bruit des vagues
je suis le ballet joyeux
que recouvrent mes yeux
et je respire comme je te respire
dans le rêve de ma main
que caresse la tienne
face à la mer qui va si loin
plus seule d’aucune absence
le goût du sel me revient
si piquant que je ris
de ces larmes de vent
qui chassent l’oubli en courant
les oreilles rougies
saoules de l’air du temps
à s’embrasser de sable et d’eau
face à la mer qui ne s’arrête jamais
tant de choses nouvelles à vivre
à semer des îles perdues entre nous deux
pour mieux nous retrouver
comme un igloo en méditerranée
le nôtre qui sera toujours à inventer
je crois que…oui…je crois que
je t’ai trouvée mon amie
photo : Jeanne
13:26 Publié dans Des mots dans la suite, Voyage | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : jeanne, jeannoue, aslé, Aslé, Aslémita, ...
lundi, 24 décembre 2007
Kiki
Le singe s’était enfui déguisé en père noël. Dans le silence de la chambre, je griffonne assise sur le lit, je réfléchis, et si je mettais des rubans rouges au cou de mes chats et des grelots à mes chevilles, quel jeu pourrions-nous inventer alors que je suis entrain de couver une grosse crise de cafard noir, du plus profond noir qui soit.
Le noir et le blanc ne sont pas des couleurs, chacun les totalisent toutes, alors c’est noir, c’est blanc, c’est pareil…c’est une inversion.
J’ai toutes les couleurs et si je retirais le rouge pour voir : alors le singe s’enfuit déguisé en père noël et je commence à sourire.
Quand j’étais petite, mon père me racontait l’histoire du singe, j’aimais bien, j’aurai voulu un singe. Pour noël par exemple. Je l’aurais appelé Kiki ou Koko ou …bof… . Bien sûr, il aurait su parler et j’aurais été sa Vévé. Mon père l’aurait trouvé dans un cirque déguisé en père noël à faire des acrobaties sur la selle d’un cheval blanc. Ah ! non ! pas tout blanc sinon ça va me reprendre… Blanc avec du roux, non pas roux, marron, une robe….bon ! Le cheval était marron déguisé en renne avec des antennes pour paraboliser la divination.
Après le spectacle, mon père serait allé à la roulotte du méchant directeur pour lui refaire le portrait, ensuite il aurait ouvert toutes les cages et le petit singe déguisé en père noël aurait sauté sur l’épaule de mon père, et mon père aurait sauté sur le cheval déguisé en renne et au triple galop il serait descendu par le conduit de la cheminée de ma maison de poupée.
Avec Kiki on se serait fait une cabane dans le jardin avec tous les legos qu’on aurait volés au grand magasin des jouets. Kiki aurait été un as. Il aurait fait tous mes devoirs et j’aurais été présidente du monde…des playmobils.
Ma mère lui aurait cousu un costume tout bleu, et une chemise et une cravate et une petite casquette.
Le costume du père noël je l’aurais enfilé à Aline, la pas belle, la poupée de mon grand père gagné à la carabine. Etriquée Aline, ridicule dans cet habit trop petit. Ensuite avec Kiki on l’aurait battue et jetée aux quatre murs toute cabossée pour en avoir une autre, une vraie, une qui parle avec des piles et qui racontent des histoires pour endormir les grandes filles qui ont des trous blancs et noirs dans la mémoire.
Avec Kiki on aurait fait explorateur d’archéologie, en époussetant des grains de sable au sahara. On aurait fait du dromadaire et du chameau. Et puis un jour on aurait rencontré une princesse et Kiki l’aurait épousée…moi je n’aurais pas pu, j’aurais été encore trop petite. Et ils auraient eu plein plein de petits Kiki pour toutes les petites filles du monde…pour les garçons c’est une autre histoire.
Le chat s’était enfui déguisé en père noël. Dans le salon l’arbre habillé d’une étrange façon observait à ses pieds le petit garçon et qui rêvait, et qui rêvait d’un chat perdu qui viendrait sonner à la porte au douzième coup de minuit.
Le chat s’était enfui du cirque sans même prendre le temps d’ôter son déguisement car il venait de recevoir le message d’une étoile accrochée sur un sapin quelque part dans une maison où rêvait un petit garçon. Il fallait faire vite et passer la pointe du museau partout sur tous les carreaux illuminés de noël pour retrouver l’enfant au rêve. Le chat volait en zigzag à travers les rues, d’une vitre à l’autre… « mais non ce n’est pas lui…comment je peux savoir çà…se dit soudain le chat… ah ! par mes moustaches que je sois fait de glace si je ne le trouve pas…en tous cas ce n’est pas ce petit garçon là qui tire la langue à ses parents. »
Minuit moins cinq. Le petit garçon au pied du sapin s’était endormi. Kiki le chat échappé du cirque en habits de père noël était couvert de boue à présent, éclaboussé par toutes les voitures qui passaient pour conduire les grandes personnes au rendez-vous secret.
Il n’avait toujours pas trouvé. Les douze coups allaient sonner, il avait visité toutes les maisons, il ne restait plus que cette toute petite dernière dans cette impasse lugubre, si triste qu’aucun humain n’aurait pu y vivre, pas même un chat. Et pourtant un arbre brillait à l’intérieur et une étoile scintillait si fort parmi les guirlandes que les moustaches de Kiki s’allumèrent de l’éclair du sourire.
Par la fenêtre il aperçut le petit garçon endormi, il se mit à gratter à la vitre mais en vain.
Face à la porte d’entrée, il tenta de sauter pour essayer d’atteindre le bouton de la sonnette…
Et soudain ce fut l’heure, les coups s’enchaînèrent, le chat avait cessé de bondir, son cœur s’était arrêté… Le douzième coup s’achevait quand la porte s’ouvrit sur le regard ébloui d’un petit garçon qui savait bien que les chats sont trop petits pour sonner à la porte.
24/12/07
11:25 Publié dans histoires D'Aslétie | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : Aslémita





