dimanche, 13 janvier 2008

vivre

face à la mer inconnue
moins seule de te savoir là
je peux enfin prendre le temps
celui de regarder tout simplement
cette force monter en moi
et qui me vient de toi
celle de me laisser m’abandonner
à la confiance de tes bras

face à la mer que tu connais
moins seule de pouvoir t’aimer
mon corps de rupture se détend
j’entends le bruit des vagues
je suis le ballet joyeux
que recouvrent mes yeux
et je respire comme je te respire
dans le rêve de ma main
que caresse la tienne

face à la mer qui va si loin
plus seule d’aucune absence
le goût du sel me revient
si piquant que je ris
de ces larmes de vent
qui chassent l’oubli en courant
les oreilles rougies
saoules de l’air du temps
à s’embrasser de sable et d’eau

face à la mer qui ne s’arrête jamais
tant de choses nouvelles à vivre
à semer des îles perdues entre nous deux
pour mieux nous retrouver
comme un igloo en méditerranée
le nôtre qui sera toujours à inventer
je crois que…oui…je crois que
je t’ai trouvée mon amie

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photo : Jeanne

vivre

face à la mer inconnue
moins seule de te savoir là
je peux enfin prendre le temps
celui de regarder tout simplement
cette force monter en moi
et qui me vient de toi
celle de me laisser m’abandonner
à la confiance de tes bras

face à la mer que tu connais
moins seule de pouvoir t’aimer
mon corps de rupture se détend
j’entends le bruit des vagues
je suis le ballet joyeux
que recouvrent mes yeux
et je respire comme je te respire
dans le rêve de ma main
que caresse la tienne

face à la mer qui va si loin
plus seule d’aucune absence
le goût du sel me revient
si piquant que je ris
de ces larmes de vent
qui chassent l’oubli en courant
les oreilles rougies
saoules de l’air du temps
à s’embrasser de sable et d’eau

face à la mer qui ne s’arrête jamais
tant de choses nouvelles à vivre
à semer des îles perdues entre nous deux
pour mieux nous retrouver
comme un igloo en méditerranée
le nôtre qui sera toujours à inventer
je crois que…oui…je crois que
je t’ai trouvée mon amie

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photo : Jeanne

jeudi, 20 décembre 2007

HRB

Elles avançaient. D’abord il y en avait eu 2, puis dix et cent... à présent elles étaient des milliers à marcher en ligne, franchissant tous les obstacles en les soulevant et laissant libres ainsi la voie pour les suivantes. Parce qu’il y en aurait d’autres, encore et encore. Elles n’étaient que la première vague, la toute petite en prémices du grand raz de marée qui recouvrirait le monde entier.

Elles étaient libres. Les plus vieilles grinçaient d’élégance tandis que les plus jeunes dans leurs berceaux mobiles à quatre roues, piaillaient d’impatience. C’était beau. De toutes les tailles, de toutes les couleurs et de toutes les marques, elles se donnaient la main invisible qui les unissait, marchant comme une seule femme.

Ce n’était pas une révolte. C’était une réalité. C’était la marche en avant des grues libérées.
Elles n’avaient pas de chef. Elles se portaient du même cœur, du même peuple, du même élan qu’elles s’insufflaient les unes aux autres parce que les vents n’étaient pas toujours dans le même sens que leur route, et que, certains jours quelques unes se perdaient dans le doute…alors elles s’épaulaient.

Tu y étais. Souviens-toi belle Anglaise d’Hermès revêtue, et toi aussi sibylline, échappée de la toundra qui à tes côtés respirait Volodia.
Tout parlait d’amour, d’espoir, du jour qui grandissait. Elles formaient l’horizon découpé de leurs différentes ossatures… et de près elles avaient la tendresse du rouge et bleu dans les yeux qui les découvraient.
Et quand deux d’entre elles se laissaient dépasser, traînant dans les arrières paysagés, c’était pour échanger de doux baisers.
Il y avait de l’ardeur à l’intérieur de la première ligne mais il y avait aussi de la pudeur, de celle dont les grues se voilent en clignant de l’œil pour un sourire caresse d’amour ou d’amitié.

Elles avancent encore celles qui furent les pionnières et derrière elles depuis se sont formées des milliers et des milliers d’autres lignes toutes aussi belles…
Chut … Ecoute. Je les entends. Elles parlent, elles rient, elles chantent, elles s’aiment et sont libres de leur existence.


Et le jour sera.
Toujours.
Car les grues ne meurent jamais tant qu’elles sont en marche et elles le sont depuis l’éternité d’un matin où une Rouge et une Bleue s’unirent des liens sacrés de la liberté, brisant ainsi la chaîne du passé.
Tout est à tout le monde, à commencer par la liberté d’être soi pour enfin trouver l’autre que l’on aimera.

jeudi, 06 décembre 2007

quatre plumes et un encrier

étourdi étourneau étourdissant

danse l’oiseau d’une seule chance

les branches balancent
les arbres se penchent
les toits s’avancent
les corps s’attachent
les yeux se cachent
l’amour décoiffe

danse l’oiseau tourbillonnant

un tour deux tours dans les tourments
du vent soufflé soufflant
souffrant celui
qui crie outrageusement

danse encore l’oiseau toujours

la vérité de l’imprudence
la liberté dans tous les sens

les dos se courbent
les routes se voûtent
les ponts se doutent
les champs s’embouent
les bouches se ferment
les goûts s’enferment

et vole encore l’amour
gonflé de tout ce qui l’entoure

parce que

l’air ne fait pas prisonnier
le cœur de l’oiseau blessé

quatre plumes et un encrier

étourdi étourneau étourdissant

danse l’oiseau d’une seule chance

les branches balancent
les arbres se penchent
les toits s’avancent
les corps s’attachent
les yeux se cachent
l’amour décoiffe

danse l’oiseau tourbillonnant

un tour deux tours dans les tourments
du vent soufflé soufflant
souffrant celui
qui crie outrageusement

danse encore l’oiseau toujours

la vérité de l’imprudence
la liberté dans tous les sens

les dos se courbent
les routes se voûtent
les ponts se doutent
les champs s’embouent
les bouches se ferment
les goûts s’enferment

et vole encore l’amour
gonflé de tout ce qui l’entoure

parce que

l’air ne fait pas prisonnier
le cœur de l’oiseau blessé

mercredi, 28 novembre 2007

chez nous

dans notre igloo
il n’y aura que nous

nos deux peaux d’or glissées de l’accord
de la nuptiale chaleur de nos deux corps

les nuits nous vivrons de l’amour
et le jour de la blancheur épaisse tout autour

dans notre igloo
il n’y aura que nous

nos trente deux mille bras l’autre de l’une
emmêlés sous les fourrures de chacune

les nuits nous chanterons la lune
et le jour nous rirons de l’ourse brune

dans notre igloo
il n’y aura que nous

les quatre mains de notre mur de glace
les blocs de notre force que rien n’efface

les nuits nous brillerons de lumière
et le jour nous rêverons d’une nouvelle ère

dans notre igloo
il n’y aura que nous

perdues à la dérive d’une banquise
au silence de nos flèches permises

les nuits nous découvriront promises
et le jour nous tuerons la bête par surprise


dans notre igloo jeannoue
il n’y aura plus que nous

mercredi, 14 novembre 2007

alors les mots ?

les mots les mots vite venez
j’ai besoin de vous libérer
partir loin d’ici m’évader
parce que je vais en crever
si je ne peux pas m’exprimer
sortir du cri du mal aimé

les mots vite vite venez
sans vous je suis abandonnée
au triste sort de l’enchaînée
à une vie trop ordonnée
qui décime ma volonté

les mots les mots vous comprenez
tous mes doutes sur la beauté
de notre monde à discuter
le trouble qui s’est installé
à la table de mes pensées

les mots vite j’ai faim venez
c’est le lundi de l’angoissée
qui vous en supplie revenez
me laisser rêver me parler
de l’avenir à retrouver
du passé à faire imploser

les mots je vais vous expliquer
vous êtes ma nuit étoilée
le contraire de mes journées
le feu qui brûle d’éternité
vous êtes l’astre à sauver
la lumière d’où je suis née

les mots les mots les mots venez
car ensemble on va s’amuser
jouer de la face cachée
se couvrir de l’absurdité

dites les mots vous m’écoutez ?
dans le silence à partager
ce sont nos rires à résonner
et de la vie à s’épouser

prenez ma main allons danser
les mots les mots les mots riez
valsez enlacez délassez
le reste du temps allumé

le vent les mots le temps le saut
les mots le saut le temps le vent
et vole dans le temps Aslé
au pays des mots retrouvés


Le ciel sourit gris argenté
les arbres nus plissent leurs ramures.
Il tombe une lumière triste et froide.
Sur la terre noire en sommeil
un chat sauvage file sur ses gardes.
Seule la montagne de scories
s’illumine de la vie automnale,
des boulots et des charmes,
des pointes de promeneurs
venus d’une beauté d’ailleurs.

dimanche, 28 octobre 2007

Je SUIS

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  Je me sens libérée, mieux, je me sens libre.



 Je me suis libérée dans le noir
 Une nuit ivre de désespoir
 Je cherchais parmi les rues vides
 Celle où cacher mes mots timides
 Une à une lumières envolées
 J’ai violé, la foulant d’une idée
La ligne qui m’était destinée

Je me suis libérée dans le noir
Une nuit seule à chasser l’espoir
Je vivais perdue d’un monde heureux
Au plaisir d’une grue rouge et bleue
Une à une lumières envolées
J’ai violé, la soufflant d’un regard
La flamme de mon premier départ

Je me suis libérée dans le noir
Une nuit à écrire notre histoire
Je gravais à l’encre indélébile
La fin d’un voyage immobile
Une à une lumières envolées
J’ai violé, la mordant à l’envie
La phrase qui sortait de ma vie

Je me suis libérée de tous ces soirs
Une nuit, un jour à l’aube de croire
Je vivais, j’écrivais triste à la tour
En oubliant le souffle de l’amour
De ses lumières enchanteresses
De cette amie qui vit tous mes côtés
De ce corps de l’esprit enfin délié
De la chaleur de se sentir aimée

Je me sens mieux, je me sens moi, je me sens libre.