dimanche, 10 février 2008
IX/III/VIII
Si tu avais été là
pour être une ombre
à te confondre
de moi
je serais restée
muette de ce monde
si tu avais pu
effacer tous les mots
pour être sans regret
que le sourire
d’un monde imparfait
j’aurais été celle que tu aimais
si tu avais su combien
pour m’entendre ici
à te parler
j’aurais été libre
du silence passé
si tu savais
Comme je n’ai plus peur
de ton absence
à n’être qu’une fille
au courage de mes fuites
moi
au bout de mes rêves
à me sauver de tout
si tu savais la parole
qui me console
de m’être tue
quand j’étais morte
perdue entre tes bras.
09:06 Publié dans Scène en intérieur | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : N., envol
dimanche, 23 décembre 2007
nolosé
Quand je pense à toi
C’est un rire que j’entends
Le silence de la plaine
Qui se fend du chemin
Toujours à découvrir
Quand je pense à toi
Je ne pense pas
Je souris sans rien dire
A l’abri devenu si familier
Si présent de le toucher
Sur ses parois lisses
Et qui glissent
Sous mes doigts
Quand je pense à toi
J’ai faim souvent
Des heures du goûter
De tartines au chocolat
Et du miel à volonté
Quand je pense à toi
J’ai des baisers
Des baisers de tous les baisers
A ne plus savoir souffler
Que de l’amour à t’aimer
Quand je pense à toi
Je m’endors
Dans tes bras
Et si je dors longtemps
C’est parce que je sais
Que demain
Tu seras là encore
Quand je pense à toi
J’ai des secrets
Qu’aucun mot ne pourrait dévoiler
J’ai
Les battements de mon coeur
Q’aucun oeil ne pourrait soulever
J’ai les ailes
Pour m’envoler
Si près de toi
Parmi toutes les étoiles
Qui battent l’appel
De nos deux corps retrouvés
Quand je pense à toi
Je ne sais pas
C’est comme si
Tu étais là
Quelque part en moi
Où nous serions deux
Fidèles de notre ombre
Quand je pense à toi
C’est que je t’aime
A oublier
Que tu n’es pas là
Quand je pense à toi
Mais je sais
Que tu comprendras
13:02 Publié dans abandon de forteresse , cinq heures dix , Des mots dans la suite , Des mots et des mots , Des Mots Tions , Introspectres , Les amis d'Aslé , Les nouveaux poèmes , l'écho des mots , Scène en intérieur , sixième ligne | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : anniversaire, laisse moi te dire encore, Aslémita, envol, D'hier et de demain, jeanne, peintures essentielles
mercredi, 24 octobre 2007
inachevé
La nuit je rêve, le jour aussi
Je rêve de nous, de notre vie
Sans un mot, sans un cri.
Je compense les morsures
Je cicatrise les déchirures
Et les journées basculent
Au firmament de l’attendu.
La nuit je rêve, le jour aussi
Je rêve d’étoiles et de princesses
Sans une larme, sans un chagrin.
Je compense la tristesse
Je cicatrise la jeunesse
Et les signaux s’éteignent
Dans l’absolu de mon désir.
La nuit je rêve, le jour aussi
Je rêve d’ailleurs et d’inconnu
Sans parler, sans rien dire.
Je compense la sombre image
Je cicatrise de l’éternel voyage
Et l’évasion est le spectacle
Au guichet fermé de mes pensées.
La nuit je rêve, le jour aussi
Je rêve en couleur de l’étrange
Sans peur, sans laideur.
Je compense l’affligeant
Je cicatrise d’indulgence
Et la faiblesse s’étreint
Au passage de trois fois rien.
La nuit je rêve, le jour aussi
Je rêve d’amour et d’hirondelle
Sans jamais pouvoir le dire.
Je compense les ailes de l’avenir
Je cicatrise ce qui m’a fait grandir
Et les mots deviennent les plaisirs
Qui m’ont tant fait souffrir.
L’anarchie se poste de mes deux infinis
La course aux bruits finit au ralenti
Il n’y a plus rien de tout ce que j’ai dit
Que des souvenirs qui j’espère se sont enfouis.
Je sais cette heure écrite de l’ennui
Mais demain est si loin pour en dire je ris
…
Alors
la nuit je rêve, le jour aussi
18:30 Publié dans Scène en intérieur | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : sans tag
jeudi, 18 octobre 2007
la moitié de dix-huit
morsures et déchirures
je panse décompense
le feu qui brûle et dure
sous l’ombre d’une danse
je décime en fée blanche
le dessein de mon ventre
mort fine en avalanche
c’est le neuf que je rentre
le tour du coup disparu
en l’horreur d’un fond déteint
les images sont cohue
je signerai à demain
la musique à la tête
je compte les bips à mort
je serai toujours prête
pour trouver tous les accords
de la nuit où est le jour ?
quand les heures s’attardent
à disparaître au retour
de cette humeur blafarde
la gare du silence
et passe l’oiseau de feu
s’il te plaît une chance
de vivre mon corps heureux
tombe la paupière
sous les poussières du rail
je vis une poudrière
et cela fera un bail
sous le pont de l’arcade
le regard en péniche
je repeins les façades
de ces usines en friche
la grue est invisible
je compte les secondes
du temps irréversible
à me défaire du monde
j’hallucine en cortège
le sourire en débauche
bouchon de cidre en liège
tout au fond de ma poche
tout tourne du mal enfuit
car je suis posée en braise
sûrement très loin d’ici
dans tes deux bras à l’aise
reposant du calme ami
dans les mots qui se taisent
au souffle de notre vie
il n’y aura pas de fin
que celle que tu veux bien
18:28 Publié dans Introspectres , Scène en intérieur , sixième ligne | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : N., Introspectres, etc
jeudi, 12 juillet 2007
La formule bleu orange
De retour sur sa planète, Aslé se précipita pour mettre la photo recto-verso au frais dans le conservateur des mots.
Se faisant, elle s’aperçut soudain de l’absence d’un ingrédient indispensable pour son repas spirituel du soir : un bouquet de…persil ! Or il s’avérait qu’à cette heure tardive, toutes les planètes étaient éteintes…sauf…sauf une toute petite planète qui fourmillait encore de fils lumineux.
Dans ce grand shop de l’espace, elle savait qu’elle n’aurait à offrir que quelques escargots de sa colonie contre une immense botte de persil. Mais elle ne pouvait déchirer un coin de la photo…
Assise sous la lanterne rouge orangé qui éclairait l’entrée des rêves, elle se mit à réfléchir…lorsqu’une fée vint à passer dans un nuage-baignoire de bulles de savon multicolores(je fais une pause fou rire).
-Aslé Aslé…quelle est la raison de ce désarroi ?
-Chère Fée, je cherche comment immobiliser une grenouille vadrouillante quelques instants, oh juste quelques instants, le temps de cueillir des brassées de persil sous la lumière étoilée de son royaume enchanté car la race volante escargotière toute entière est en danger sous la terrible menace qui pèse…(Aslé reprenant son souffle) celle que puisse disparaître à tout jamais ce soir la fabuleuse aventure des escargots des airs…
-Aslé Aslé Aslé Aslé Aslé Aslé Aslé Aslé Aslé Aslé Aslé Aslé…(oui j’aime trop entendre mon nom prononcé par une fée)…laissez-moi le temps de retrouver la formule de la bulle emprisonnante.
…pendant ce temps, sur d’autres planètes, le repas était à la fête de steaks qui saignaient sous le regard haché de la tristesse infinie de dents de lait qui n’en finissaient pas de tomber…
Et l’envie forte de persil revenait comme le petit matin dans un bol de café, l’impatience gagnait Aslé, ce persil c’était tout son esprit, toute son eau de vie, tout son haut de là, toute sa liberté…dans l’attente tous les mots défilaient…. Encore et encore jusqu’à s’endormir dans un rêve de laurier…
…et dans la nuit sans relâche les mots défilent, les derniers essayant de rattraper les premiers dans une course insensée. Ils passent et repassent en défilé, une vaste parade comme un concours où l’on oublie le précédent quand se prépare le suivant. Impossible de s’arrêter, impossible de suivre le mouvement…J’ai le tournis. Je ne veux pas ça : une pile de cahiers en éternel recommencement, un crayon qui aimerait s’arrêter, se taire et n’avoir rien à dire qu’un seul unique mot…
Envie d’une page blanche à moi, d’un crayon à papier sans gomme et de dessiner des mots dans le silence, lentement sans y penser. Laisser tracer ma main de droite à gauche enfin…. Et me reposer sur ce que je suis.
Je suis : c’est ce que j’étais avant, avant tout, avant d’apprendre, avant d’apprendre des autres comment il faut « être »… comme tout le monde.
Je suis des sensations, je suis un corps, je suis une révolte, je suis la paix, je « suis » le cours de ma vie, je suis rapide, je suis lente, je m’arrête et je contemple, parfois le vide…Et alors ! J’aime me reposer dans le néant…D’ailleurs je ne vois pas d’autre endroit…A part cet « autre » , cet improbable qui saurait se taire et s’effacer pour m’écouter quand je n’ai rien à dire. Mais ça n’est pas un espace, c’est quelqu’un, c’est une âme contre qui fermer les yeux, c’est s’abandonner, c’est dormir et rêver les mêmes rêves…
Je suis : c’est exister dans mon existence et mon existence c’est d’être « je ». Et « je » c’est pour dire que j’existe, mais pas seulement…Et « je » me soulage d’être moi… et me fais accepter comme je suis… Quelqu’un à ne confondre avec personne d’autre que moi…
Après les douces pensées de la nuit, Aslé se sentit réconfortée…la formule bleue planait d’être enfin révélée…et dans un sourire elle se mit à ne plus l’attendre pour enfin l’écrire dans le regard des yeux merveilleux qui l’entouraient…
(à suivre)
11:25 Publié dans histoires D'Aslétie , Scène en intérieur | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : ars et phasme
samedi, 07 juillet 2007
En vers et contre-Aslé
Prise dans l’impitoyable cavalcade
Sous l’assaut des replis ennemis
Je songe au passage de la Tamise
De ce mâle étendard viking
Que je parcours d’une folle histoire
Dans laquelle aux crises de l’espoir
J’allume l’œil rougi de l’incendie
Qui m’emportera jusqu’à nulle part
Alors j’irai poussières de cendre
Me déposer enfin du soulagement
Comme le retour de gloire victorieuse
Du fin fond des trésors de l’arme déployée
Les cris se feront résonner de l’épique liberté
A cette époque je serais de moi la reine
Et je me fuirais en traînes de fumée
Toujours les flammes pour me servir
Je brûlerais de tous mes écrits passés
Alors j’irai poussières de cendre
Me déposer enfin du soulagement
Mais le récit à l’avenir en fut bien autrement
De l’élixir puissant de ses souvenirs tirés
Aslé en elle garda cette précieuse volonté
Au plus fort de l’hiver les passages de l’été
Les temps du signe s’inscrivaient dans l’éternité
Et les automnes se perdirent dans les auras glacées
11:12 Publié dans Scène en intérieur | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Aslémita, D'hier et de demain, envol
jeudi, 21 juin 2007
la mort dans l'âme
NUIT
Pleure mon âme éteinte
Gémis sous la contrainte
Les larmes de l’absinthe
Dans l’abysse défunte
Laisse aller la mort aimée
Replie tes désirs ailés
Les plumes de la beauté
Dans la tombe enfermée
Que crois-tu encore ourdir
Qui puisse mieux te punir
La corde aux mots à tenir
Serrée fort à en vomir
Les nausées de l’atémi
L’imprudence de l’ennui
Tu exhales à la folie
Les chances d’être partie
Coincée dans l’ambulance
Ta mort tu te la danses
Comme une délivrance
C’est si fort la souffrance
MATIN
Regarde toi dans le cœur
Eponge tous tes pleurs
Au fond c’est la couleur
D’une bougie la lueur
Ta force n’est pas ailleurs
Dans la hauteur des clameurs
Mais en toi à l’intérieur
Laisse la gagner l’ampleur
De ton être la vigueur
MIDI
Dis toi tant pis c’était bien
Et je ne regrette rien
D’hier et du temps qui vient
Je suis là parmi les miens
Mes rêves qui sont les tiens
C’est à eux que j’appartiens
SOIR
Et les étoiles dansent
Et la vie recommence
...
18:41 Publié dans Scène en intérieur | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
dimanche, 10 juin 2007
loin du monde
loin du monde
je flotte parmi les secondes
la feuille s’étire sous le crayon
j’entends l’arbre gémir
j’ai rêvé d’elle en larmes
comme moi dans un miroir
sans souffrance
seule l’absence
à mon réveil
une évidence
j’ai plongé l’œil
par la fenêtre
d’un paysage triste
les paupières gonflées
d’avoir trop dormi
le souvenir
d’avoir écrit
tard dans la nuit
des mots vides
à des réponses amies
sale temps pour une momie
lèvres brûlantes
sur le front froid
l’ultime choc
elle pleure
rouge de laideur
et j’ai la paresse
greffée au cœur
il me faut ton sourire
à toi Chaami
pour oublier
dans la blancheur
d’être aimée
l’onde de la feuille qui tremble
sous la mine cassée
11:45 Publié dans Scène en intérieur | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Aslémita, envol
dimanche, 28 janvier 2007
Aglomenatox
Non… ce n’est pas le nom du dernier médicament sorti des laboratoires allemands, bien qu’il soigne sans guérir les symptômes… il est le NOM NON de mon nouveau quart d’heure colonial et je frise les comptoirs, les compteurs d’histoires, les comptes heures d’espoir, les quarts sifflants poussée par le vent, la barre haute, je joue à demain, je fais comme si, j’apprends ma nouvelle vie.
Je suis dans une robe, plus nue que si j’étais nue, je me traumatise, c’est mon quart d’heure, je me fais peur en m’assassinant, en me disant : il n’y a rien dedans. Je me grimace dans la glace puis j’échappe à mon regard, décidée à ne plus me voir, décidée à ne plus rien montrer, je me garde dans le brouillard, l’angoisse s’étiole, l’aglomenatox se vide de sa fiole, mes doigts touchent l’invisible qui m’entoure, mon cri sort par la pointe de mes ongles…je griffe et je raye et je rature jusqu’à l’usure.
Jusqu’au bouillonnement qui s’éteint car le soleil se couche enfin. Dans la brume qui noircit, mon souffle vidé au cor, j’allume la bougie comme un cierge dans une cathédrale et ma respiration qui résonne tel un chant grégorien annonce le trépas de ce quart d’heure d’airain.
Trépasser l’âme à gauche, Morphée me couvrant de baisers, les pages du livre se tournant dans le silence et l’histoire se continue dans la plus profonde de mes absences…
08:30 Publié dans Scène en intérieur | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : D'hier et de demain
mardi, 23 janvier 2007
Sablier retourné
A quoi ça sert de me souvenir de tout ?
- ne plus faire les mêmes bêtises ? mais j’en fais d’autres, alors ?
A quoi ça sert de préparer, de planifier ?
- à m’ennuyer dans l’action, merci aux imprévus.
A quoi ça sert de penser ?
- d’abord c’est quoi « penser »… à me faire peur.
A quoi ça sert de savoir parler quand on n’a rien à dire ?
- à le dire.
A quoi ça sert d’aller vite ?
- à pouvoir se reposer après.
A quoi ça sert après ?
- à oublier ce qu’on a fait avant.
A quoi ça sert toutes ces questions ?
- à éteindre le temps.
C’est quoi le « temps » ?
- voilà c’est fini...
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