mercredi, 20 février 2008
XX/II/VIII
Je suis en silence nulle impatience en absence de ma présence, c’est étrange le temps la plume glissant sans se poser d’encre face à tous ces mots du passé qui forment l’image brouillée d’avoir existé tant ils sont loin de mes pensées d’ici de ma vie de cet instant où le silence laisse place à l’autre silence.
Après une dernière danse, grains de poussière dans la lumière, je plonge dans l’allégresse d’une paresse, j’essuie les vers imaginaires brillants d’une poésie de vides et de pleins déchirés, de déliés recomposés, d’obscures éclaircies de désir inachevé, de partage en partance et de présage de voyage…Et je souris, légèrement divague, ils sont là ces amis alors que je les croyais en Antarcie ils viennent fondre sous mes yeux les images coulant de nouveau dans les veines de mon esprit, petit ruisseau clapotant sous le bruissement du vent, frêle eau vive qui caresse la toundra d’une fine ligne vierge toute bleue de tout soucis alors j’écoute les mots chantés depuis la loge de cet arbre improvisé et mes capteurs de vibration s’allument les uns après les autres pour m’inonder de la plus belle musique qui soit, celle qui n’existe que dans l’oreille de celui qui la perçoit.
Je rime de moi, je rime de mes mots écrits tout haut comme à la signature d’un tableau d’une simple date parce que c’était ce jour-là et pas un autre que le silence n’a parlé que pour moi en m’apportant l’apaisement de me retrouver seule sans un mot.
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dimanche, 23 décembre 2007
nolosé
Quand je pense à toi
C’est un rire que j’entends
Le silence de la plaine
Qui se fend du chemin
Toujours à découvrir
Quand je pense à toi
Je ne pense pas
Je souris sans rien dire
A l’abri devenu si familier
Si présent de le toucher
Sur ses parois lisses
Et qui glissent
Sous mes doigts
Quand je pense à toi
J’ai faim souvent
Des heures du goûter
De tartines au chocolat
Et du miel à volonté
Quand je pense à toi
J’ai des baisers
Des baisers de tous les baisers
A ne plus savoir souffler
Que de l’amour à t’aimer
Quand je pense à toi
Je m’endors
Dans tes bras
Et si je dors longtemps
C’est parce que je sais
Que demain
Tu seras là encore
Quand je pense à toi
J’ai des secrets
Qu’aucun mot ne pourrait dévoiler
J’ai
Les battements de mon coeur
Q’aucun oeil ne pourrait soulever
J’ai les ailes
Pour m’envoler
Si près de toi
Parmi toutes les étoiles
Qui battent l’appel
De nos deux corps retrouvés
Quand je pense à toi
Je ne sais pas
C’est comme si
Tu étais là
Quelque part en moi
Où nous serions deux
Fidèles de notre ombre
Quand je pense à toi
C’est que je t’aime
A oublier
Que tu n’es pas là
Quand je pense à toi
Mais je sais
Que tu comprendras
13:02 Publié dans abandon de forteresse , cinq heures dix , Des mots dans la suite , Des mots et des mots , Des Mots Tions , Introspectres , Les amis d'Aslé , Les nouveaux poèmes , l'écho des mots , Scène en intérieur , sixième ligne | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : anniversaire, laisse moi te dire encore, Aslémita, envol, D'hier et de demain, jeanne, peintures essentielles
vendredi, 16 novembre 2007
La voix d’Aslé
elle a dit regarde moi
alors je l’ai regardée
elle a dit écoute moi
alors je l’ai écoutée
elle a dit embrasse moi
alors je l’ai embrassée
elle a dit pas sur la joue
alors j’ai fermé les yeux
et peu… j’ai vu tout en bleu
c’est pas bien
les affiches sur les murs
elle a dit touche moi
alors je l’ai touchée
elle a dit pas du bout des doigts
alors j’ai plongé
et pan… j’ai vu tout en blanc
c’est nul
les écrans tactiles
elle a dit viens avec moi
alors je l’ai suivie
elle a dit dépêche toi
alors j’ai couru
elle a dit tu as vu
la superbe belle grue
et bouge… j’ai vu tout en rouge
c’est môche
les chiens sur les trottoirs
elle a dit détends toi
alors je me suis détendue
elle a dit allonge toi
alors je me suis allongée
elle a dit ne pense pas
alors j’ai dit comment je fais
et elle a dit c’est simple
je vais me taire
et croire… j’ai vu tout en noir
c’est plein d’évidence
les voix parfois
ALORS ELLE S’EST TUE
[…]
elle n’a pas dit regarde moi
elle n’a pas dit écoute moi
elle n’a pas dit embrasse moi
elle n’a pas dit touche moi
elle n’a pas dit dépêche toi
elle n’a pas vu la grue non plus
les gens qui couraient dans la rue
l’affiche bleue de la femme nue
non elle n’a rien vu
de tout ce qui a disparu
alors j’ai marché comme j’ai pu
en écoutant seuls mes pieds nus
s’écorcher au son d’un mal entendu
et puis une fois le soir venu
devant la vitrine de tous les invendus
j’ai embrassé mon pauvre regard perdu
les yeux tournés dans mon corps inconnu
j’ai compris que la voix ne reviendrait plus
[…]
18:06 Publié dans abandon de forteresse , cinq heures dix , Introspectres | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : etc, sans contrefaçon, sans tag
jeudi, 18 octobre 2007
la moitié de dix-huit
morsures et déchirures
je panse décompense
le feu qui brûle et dure
sous l’ombre d’une danse
je décime en fée blanche
le dessein de mon ventre
mort fine en avalanche
c’est le neuf que je rentre
le tour du coup disparu
en l’horreur d’un fond déteint
les images sont cohue
je signerai à demain
la musique à la tête
je compte les bips à mort
je serai toujours prête
pour trouver tous les accords
de la nuit où est le jour ?
quand les heures s’attardent
à disparaître au retour
de cette humeur blafarde
la gare du silence
et passe l’oiseau de feu
s’il te plaît une chance
de vivre mon corps heureux
tombe la paupière
sous les poussières du rail
je vis une poudrière
et cela fera un bail
sous le pont de l’arcade
le regard en péniche
je repeins les façades
de ces usines en friche
la grue est invisible
je compte les secondes
du temps irréversible
à me défaire du monde
j’hallucine en cortège
le sourire en débauche
bouchon de cidre en liège
tout au fond de ma poche
tout tourne du mal enfuit
car je suis posée en braise
sûrement très loin d’ici
dans tes deux bras à l’aise
reposant du calme ami
dans les mots qui se taisent
au souffle de notre vie
il n’y aura pas de fin
que celle que tu veux bien
18:28 Publié dans Introspectres , Scène en intérieur , sixième ligne | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : N., Introspectres, etc
jeudi, 20 septembre 2007
tout contre toi
Tout contre toi
Les mots s’éteignent
Les phrases s’envolent
Et je perds la parole
Sous le règne de ton corps
Tout contre toi
Les yeux se décernent
Les paupières s’ensommeillent
Et je dors ivre à la nuit
Sous le souffle de ta vie
Tout contre toi
Les peurs s’effacent
Les heures se passent
Et je rêve le jour
Sous l’appel de ton amour
Tout contre toi
Les pages s’écrivent
Les lignes se serrent
Et je m’envole pinceau
Sous la couleur de ta peau
Tout contre toi
Les années s’espacent
Les saisons s’enlacent
Et je suis fleur à l’âme
Sous les soupirs de ton coeur
Tout contre toi
La joue sur ton épaule
Dans le matin tout bas
Je chante le jardin
Sous le parfum de nos deux mains
19:12 Publié dans Introspectres , sixième ligne | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : D'hier et de demain, laisse moi te dire encore
jeudi, 23 août 2007
Introspectres(1)
C’est un banc multicolore habillé de boutons d’or, perché sur le versant ensoleillé d’une hypothétique colline qui surplomberait dans la vallée, les échines dévastées de quelques masures éparpillées au gré d’un fleuve endiablé sur lequel un bateau voilé s’avancerait nez à la mer piqué, peu fier d’enfin quitter les voilures en arrière, la stérilité d’une pauvre terre pour rejoindre au port la sirène qui détiendrait la fin ultime d’une course au trésor celle de la destinée à prendre ou à laisser.
Au loin, là où l’on n’aperçoit plus rien que son propre destin, une fleur liée à chaque main, l’esprit envolé de sa propre liberté à accompagner en pensées tous les marins et mariniers, on se sent alors capitaine mais dans le voilier il y a deux reines et les fleurs se fanent si vite à trop les prendre serrées, éloignées de toute source de volupté et l’on regrette de les avoir cueillies si tôt, sitôt écloses de la fraîche rosée d’un matin damné. Alors on les embrasse et puis on les fait sécher dans le livre grossi des émotions, on les enferme dans le tiroir secret, celui que l’on ouvre seul quand le jour se tait, solitaire au banc à peindre la nature des impressions offertes mêlées des souvenirs en vie et de l’ennui de ceux qui ont fini d’exister.
Ensuite à la fin du rêve quand le bateau s‘éteint de toute lumière, c’est le miroir de l’autre qui t’aspire et tu t’éclaircies d’un sourire en tournant sous son regard les pages confidentielles de ta vie, tu lui offres la place qui est la sienne sur le banc des écrits car tous les soupirs à l’oreille amie sont si doux à dire lorsqu’ ils sont compris…
13:20 Publié dans Introspectres | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Introspectres

