dimanche, 22 novembre 2009
histoire du petit chacal
la rutina mata
gritó el chacal en el bosque
rutin membunuh
teriak serigala di hutan
utaratibu unaua
mwita ya jackal katika skogar
rutina mata
berrou o chacal no bosque
rutina ubija
plakala jackal u šumi
larou tinetu
crile cha calo fondéboa
Crie le chacal au fond des bois.
Quand je serai tombé d’un rêve, il y aura au moins tous les morceaux de moi à recoller, tous les mots à remettre dans le bon sens de cet endroit à retrouver.
Après tout ce tapage nocturne, le soleil se lève à présent, le chacal devenu muet face à tous ces o, ces a, ces ou, ces i lancés durant toute la nuit et qu’il voit s’accrocher lentement aux rayons de lumière de plus en plus haut pour, lui semble-t-il, irradier toute la terre… ouvre le dictionnaire de la géographie aphonelle. Il découpe d’un coup de griffe une page prise au hasard.
Il n’y a pas de mer, pas de sable, pas de gazelles, c’est juste un petit territoire, petit, pas perdu du monde mais encore vierge de toutes ses aventures à lui.
Surtout il n’y a pas de bois.
18:47 Publié dans histoires D'Aslétie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : les mots au lasso
lundi, 24 décembre 2007
Kiki
Le singe s’était enfui déguisé en père noël. Dans le silence de la chambre, je griffonne assise sur le lit, je réfléchis, et si je mettais des rubans rouges au cou de mes chats et des grelots à mes chevilles, quel jeu pourrions-nous inventer alors que je suis entrain de couver une grosse crise de cafard noir, du plus profond noir qui soit.
Le noir et le blanc ne sont pas des couleurs, chacun les totalisent toutes, alors c’est noir, c’est blanc, c’est pareil…c’est une inversion.
J’ai toutes les couleurs et si je retirais le rouge pour voir : alors le singe s’enfuit déguisé en père noël et je commence à sourire.
Quand j’étais petite, mon père me racontait l’histoire du singe, j’aimais bien, j’aurai voulu un singe. Pour noël par exemple. Je l’aurais appelé Kiki ou Koko ou …bof… . Bien sûr, il aurait su parler et j’aurais été sa Vévé. Mon père l’aurait trouvé dans un cirque déguisé en père noël à faire des acrobaties sur la selle d’un cheval blanc. Ah ! non ! pas tout blanc sinon ça va me reprendre… Blanc avec du roux, non pas roux, marron, une robe….bon ! Le cheval était marron déguisé en renne avec des antennes pour paraboliser la divination.
Après le spectacle, mon père serait allé à la roulotte du méchant directeur pour lui refaire le portrait, ensuite il aurait ouvert toutes les cages et le petit singe déguisé en père noël aurait sauté sur l’épaule de mon père, et mon père aurait sauté sur le cheval déguisé en renne et au triple galop il serait descendu par le conduit de la cheminée de ma maison de poupée.
Avec Kiki on se serait fait une cabane dans le jardin avec tous les legos qu’on aurait volés au grand magasin des jouets. Kiki aurait été un as. Il aurait fait tous mes devoirs et j’aurais été présidente du monde…des playmobils.
Ma mère lui aurait cousu un costume tout bleu, et une chemise et une cravate et une petite casquette.
Le costume du père noël je l’aurais enfilé à Aline, la pas belle, la poupée de mon grand père gagné à la carabine. Etriquée Aline, ridicule dans cet habit trop petit. Ensuite avec Kiki on l’aurait battue et jetée aux quatre murs toute cabossée pour en avoir une autre, une vraie, une qui parle avec des piles et qui racontent des histoires pour endormir les grandes filles qui ont des trous blancs et noirs dans la mémoire.
Avec Kiki on aurait fait explorateur d’archéologie, en époussetant des grains de sable au sahara. On aurait fait du dromadaire et du chameau. Et puis un jour on aurait rencontré une princesse et Kiki l’aurait épousée…moi je n’aurais pas pu, j’aurais été encore trop petite. Et ils auraient eu plein plein de petits Kiki pour toutes les petites filles du monde…pour les garçons c’est une autre histoire.
Le chat s’était enfui déguisé en père noël. Dans le salon l’arbre habillé d’une étrange façon observait à ses pieds le petit garçon et qui rêvait, et qui rêvait d’un chat perdu qui viendrait sonner à la porte au douzième coup de minuit.
Le chat s’était enfui du cirque sans même prendre le temps d’ôter son déguisement car il venait de recevoir le message d’une étoile accrochée sur un sapin quelque part dans une maison où rêvait un petit garçon. Il fallait faire vite et passer la pointe du museau partout sur tous les carreaux illuminés de noël pour retrouver l’enfant au rêve. Le chat volait en zigzag à travers les rues, d’une vitre à l’autre… « mais non ce n’est pas lui…comment je peux savoir çà…se dit soudain le chat… ah ! par mes moustaches que je sois fait de glace si je ne le trouve pas…en tous cas ce n’est pas ce petit garçon là qui tire la langue à ses parents. »
Minuit moins cinq. Le petit garçon au pied du sapin s’était endormi. Kiki le chat échappé du cirque en habits de père noël était couvert de boue à présent, éclaboussé par toutes les voitures qui passaient pour conduire les grandes personnes au rendez-vous secret.
Il n’avait toujours pas trouvé. Les douze coups allaient sonner, il avait visité toutes les maisons, il ne restait plus que cette toute petite dernière dans cette impasse lugubre, si triste qu’aucun humain n’aurait pu y vivre, pas même un chat. Et pourtant un arbre brillait à l’intérieur et une étoile scintillait si fort parmi les guirlandes que les moustaches de Kiki s’allumèrent de l’éclair du sourire.
Par la fenêtre il aperçut le petit garçon endormi, il se mit à gratter à la vitre mais en vain.
Face à la porte d’entrée, il tenta de sauter pour essayer d’atteindre le bouton de la sonnette…
Et soudain ce fut l’heure, les coups s’enchaînèrent, le chat avait cessé de bondir, son cœur s’était arrêté… Le douzième coup s’achevait quand la porte s’ouvrit sur le regard ébloui d’un petit garçon qui savait bien que les chats sont trop petits pour sonner à la porte.
24/12/07
11:25 Publié dans histoires D'Aslétie | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : Aslémita
jeudi, 20 décembre 2007
HRB
Elles avançaient. D’abord il y en avait eu 2, puis dix et cent... à présent elles étaient des milliers à marcher en ligne, franchissant tous les obstacles en les soulevant et laissant libres ainsi la voie pour les suivantes. Parce qu’il y en aurait d’autres, encore et encore. Elles n’étaient que la première vague, la toute petite en prémices du grand raz de marée qui recouvrirait le monde entier.
Elles étaient libres. Les plus vieilles grinçaient d’élégance tandis que les plus jeunes dans leurs berceaux mobiles à quatre roues, piaillaient d’impatience. C’était beau. De toutes les tailles, de toutes les couleurs et de toutes les marques, elles se donnaient la main invisible qui les unissait, marchant comme une seule femme.
Ce n’était pas une révolte. C’était une réalité. C’était la marche en avant des grues libérées.
Elles n’avaient pas de chef. Elles se portaient du même cœur, du même peuple, du même élan qu’elles s’insufflaient les unes aux autres parce que les vents n’étaient pas toujours dans le même sens que leur route, et que, certains jours quelques unes se perdaient dans le doute…alors elles s’épaulaient.
Tu y étais. Souviens-toi belle Anglaise d’Hermès revêtue, et toi aussi sibylline, échappée de la toundra qui à tes côtés respirait Volodia.
Tout parlait d’amour, d’espoir, du jour qui grandissait. Elles formaient l’horizon découpé de leurs différentes ossatures… et de près elles avaient la tendresse du rouge et bleu dans les yeux qui les découvraient.
Et quand deux d’entre elles se laissaient dépasser, traînant dans les arrières paysagés, c’était pour échanger de doux baisers.
Il y avait de l’ardeur à l’intérieur de la première ligne mais il y avait aussi de la pudeur, de celle dont les grues se voilent en clignant de l’œil pour un sourire caresse d’amour ou d’amitié.
Elles avancent encore celles qui furent les pionnières et derrière elles depuis se sont formées des milliers et des milliers d’autres lignes toutes aussi belles…
Chut … Ecoute. Je les entends. Elles parlent, elles rient, elles chantent, elles s’aiment et sont libres de leur existence.
Et le jour sera.
Toujours.
Car les grues ne meurent jamais tant qu’elles sont en marche et elles le sont depuis l’éternité d’un matin où une Rouge et une Bleue s’unirent des liens sacrés de la liberté, brisant ainsi la chaîne du passé.
Tout est à tout le monde, à commencer par la liberté d’être soi pour enfin trouver l’autre que l’on aimera.
18:26 Publié dans Des mots dans la suite, histoires D'Aslétie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : jeanne, aslé
jeudi, 13 septembre 2007
Déesse
J’aime une déesse, moi fille de déesse qui vis le jour à la St Aimé en plein midi, l’astre à la verticale de la vie. Ma mère accoucha de moi par les yeux et c’est la raison pour laquelle je suis deux : moi et mon autre moi, que la couleur de mes cheveux originellement bleue se teinte parfois de la tendre mélancolie d’avoir été il y a déjà tant d’années, dans l’esprit divin portée.
Les déesses n’engendrent pas forcément des déesses, même en s’accouplant à un dieu. Malgré tout j’en fus une, jusqu’à ce que sous le serment de la treizième lune, je décide une nuit sauvage perdue dans les dunes, d’être princesse Aslé pour l’éternité.
J’avais emporté la verte émeraude pour allumer un rayon de lumière depuis la terre jusqu’au ciel et à la force de mon esprit, sculpté sur la ligne inclinée les douces marches qui mènent à l’infini.
Je sais très bien que si j’étais restée déesse, c’est un ascenseur céleste de célérité que j’aurais mérité…Or mais voilà…je préfère la simplicité d’un escalier à mon image, gravé de mes seules initiales : A M (Aslé Mita ; A Moi).
Le jour de mon anniversaire, je peux tout faire, je peux tout dire et tout rêver, un tour d’univers en montgolfière, anéantir toutes les sorcières, créer un second rayon vert parallèle et tenir la main de celle qui gravit enfin le monde à mes côtés, les yeux ouverts dans mes pensées : là où je me sens exister de pouvoir tout partager.
Mes mots se suspendent en signes et gestes…alors… je nous écris sur nos deux lignes à se toucher comme une division sans reste.
2 : 1 = 2
18:00 Publié dans histoires D'Aslétie | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : N., anniversaire, laisse moi te dire encore
jeudi, 23 août 2007
Histoire de bancs
La Lapécacolodie est un si petit pays qu’il ne faut pas plus d’une année à une fourmi pour en faire le tour. Et si Aslé a mis davantage de temps, c’est que sur le précieux parcours il y eut une succession de bancs. Des bancs à rêves les yeux ouverts, des bancs de sable les yeux fermés, des bancs de fortune sous les yeux de la lune, des bancs d’esprit où elle a ri, des bancs au bord de l’océan, perdus dans le décor d’un corps aimant.
A prendre tous ces pétales au creux d’un arbre, un à un si délicatement pour les souffler à la douceur du vent, à tous ces signes qui caressent l’œil de désir, aux traces laissées par la nature, d’une âme chaste et pure. A tout cela, Aslé ne pouvait mieux dire que d’obéir au sens aveugle qui la guidait vers le retour de l’amour. Celui qui serre fort le cœur lorsqu’il est mort, celui qui fait vivre du début à la fin sous la source de l’athanor…
11:12 Publié dans histoires D'Aslétie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Aslémita
vendredi, 13 juillet 2007
petroselinum sativum
Dans ces temps immémoriaux où les mots se jouaient de leur tempo, l’Univers n’était peuplé que de fées, de magiciens et de grenouilles.
Les fées avaient la féerie, les magiciens la magie et les grenouilles le persil.
Les fées épousaient les magiciens, les magiciens épousaient les fées mais il arrivait parfois qu’une fée épousât une fée ou qu’un magicien épousât un magicien.
Quant aux grenouilles elles se mariaient entre elles mais il arrivait parfois que l’une d’elle épousât une fée ou qu’une autre épousât un magicien.
Dans ces temps-là, le monde était parfait.
Les grenouilles s’ébattaient de liberté dans les immenses champs de persil fleuris et les crapauds n’existaient pas, parce que les grenouilles à force d’avoir mangé des escargots étaient devenues herm-aphrodites.
Il y avait des grenouilles danseuses, chanteuses, jongleuses, photographieuses, dessineuses, rimeuses, cinéasteuses…enfin fabuleuses…des grenouilles heureuses.
Il y avait des grenouilles de toutes les couleurs, de toutes les formes, de toutes les tailles sur tous les continents de toutes les planètes de tous les univers…et fées et magiciens les couvaient du haut de leurs pouvoirs bienveillants.
Mais dans ce monde grenouillement merveilleux, il y avait une toute petite grenouille triste et silencieuse car elle n’aimait ni les escargots ni le persil…elle rêvait d’être une fée ou un magicien et les jours de grand désespoir, les deux à la fois.
Elle vivait seule au milieu d’une mare
Les yeux perdus vers le grand nulle part
Son amie de passage un jour
L’emmena aux portes de l’amour
Et lui tint à peu près ce discours(!)
Perdue dans les hautes tiges de persil lourd
J’ai vu une fée pour toujours
Et c’est toi mon rêve aux silencieux contours
La petite grenouille but toutes les paroles amies
Et d’un trait se maria à l’éternité d’une vie
Elle fut heureuse noyée de longues années
Aux côtés de sa si douce bien aimée
Qui avait su voir en elle une fée
Et c’est ainsi que dans chaque grenouille se porte l’amour, quand simplement des yeux savent regarder, il en est qui savent voir et leur parler.
Aslé
11:07 Publié dans histoires D'Aslétie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Fées et magies
jeudi, 12 juillet 2007
La formule bleu orange
De retour sur sa planète, Aslé se précipita pour mettre la photo recto-verso au frais dans le conservateur des mots.
Se faisant, elle s’aperçut soudain de l’absence d’un ingrédient indispensable pour son repas spirituel du soir : un bouquet de…persil ! Or il s’avérait qu’à cette heure tardive, toutes les planètes étaient éteintes…sauf…sauf une toute petite planète qui fourmillait encore de fils lumineux.
Dans ce grand shop de l’espace, elle savait qu’elle n’aurait à offrir que quelques escargots de sa colonie contre une immense botte de persil. Mais elle ne pouvait déchirer un coin de la photo…
Assise sous la lanterne rouge orangé qui éclairait l’entrée des rêves, elle se mit à réfléchir…lorsqu’une fée vint à passer dans un nuage-baignoire de bulles de savon multicolores(je fais une pause fou rire).
-Aslé Aslé…quelle est la raison de ce désarroi ?
-Chère Fée, je cherche comment immobiliser une grenouille vadrouillante quelques instants, oh juste quelques instants, le temps de cueillir des brassées de persil sous la lumière étoilée de son royaume enchanté car la race volante escargotière toute entière est en danger sous la terrible menace qui pèse…(Aslé reprenant son souffle) celle que puisse disparaître à tout jamais ce soir la fabuleuse aventure des escargots des airs…
-Aslé Aslé Aslé Aslé Aslé Aslé Aslé Aslé Aslé Aslé Aslé Aslé…(oui j’aime trop entendre mon nom prononcé par une fée)…laissez-moi le temps de retrouver la formule de la bulle emprisonnante.
…pendant ce temps, sur d’autres planètes, le repas était à la fête de steaks qui saignaient sous le regard haché de la tristesse infinie de dents de lait qui n’en finissaient pas de tomber…
Et l’envie forte de persil revenait comme le petit matin dans un bol de café, l’impatience gagnait Aslé, ce persil c’était tout son esprit, toute son eau de vie, tout son haut de là, toute sa liberté…dans l’attente tous les mots défilaient…. Encore et encore jusqu’à s’endormir dans un rêve de laurier…
…et dans la nuit sans relâche les mots défilent, les derniers essayant de rattraper les premiers dans une course insensée. Ils passent et repassent en défilé, une vaste parade comme un concours où l’on oublie le précédent quand se prépare le suivant. Impossible de s’arrêter, impossible de suivre le mouvement…J’ai le tournis. Je ne veux pas ça : une pile de cahiers en éternel recommencement, un crayon qui aimerait s’arrêter, se taire et n’avoir rien à dire qu’un seul unique mot…
Envie d’une page blanche à moi, d’un crayon à papier sans gomme et de dessiner des mots dans le silence, lentement sans y penser. Laisser tracer ma main de droite à gauche enfin…. Et me reposer sur ce que je suis.
Je suis : c’est ce que j’étais avant, avant tout, avant d’apprendre, avant d’apprendre des autres comment il faut « être »… comme tout le monde.
Je suis des sensations, je suis un corps, je suis une révolte, je suis la paix, je « suis » le cours de ma vie, je suis rapide, je suis lente, je m’arrête et je contemple, parfois le vide…Et alors ! J’aime me reposer dans le néant…D’ailleurs je ne vois pas d’autre endroit…A part cet « autre » , cet improbable qui saurait se taire et s’effacer pour m’écouter quand je n’ai rien à dire. Mais ça n’est pas un espace, c’est quelqu’un, c’est une âme contre qui fermer les yeux, c’est s’abandonner, c’est dormir et rêver les mêmes rêves…
Je suis : c’est exister dans mon existence et mon existence c’est d’être « je ». Et « je » c’est pour dire que j’existe, mais pas seulement…Et « je » me soulage d’être moi… et me fais accepter comme je suis… Quelqu’un à ne confondre avec personne d’autre que moi…
Après les douces pensées de la nuit, Aslé se sentit réconfortée…la formule bleue planait d’être enfin révélée…et dans un sourire elle se mit à ne plus l’attendre pour enfin l’écrire dans le regard des yeux merveilleux qui l’entouraient…
(à suivre)
11:25 Publié dans histoires D'Aslétie, Scène en intérieur | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : ars et phasme
mercredi, 11 juillet 2007
Salade composée d’Aslé
Alors que c’était l’été, Aslé en profita pour faire une courte visite à son cher pays : la Lapécacolodie.
Le Roi Dexos lui assigna, au prix de la recevoir, la lourde tâche d’inventorier toutes les fleurs du royaume. L’exploit accompli, dans un élan de générosité Dexos se proposa alors de confier à la charmante Aslé un secret…
« Comment devenir Reine d’une escadrille d’escargots volants. »
-Mais très cher père ! Quelle utilité ? s’esclaffa Aslé dans une rockette attitude.
Ce dernier soudainement prit la couleur d’une feuille de chêne, Aslé saisit d’un vertige, blanchit telle une endivette et courut s’asseoir près de la fenêtre.
Lorsque Dexos eut repris ses couleurs d’origine, elle s’enquit vivement de savoir « comment » en laissant choir lourdement le « pourquoi » violemment sur le sol de ses pensées tout en observant ses jolis pieds.
-Il te suffit de dérober la photo d’un escargot.
-Mais père !!! vous avez banni toute photographie depuis que feue la Reine Péris s’en est partie…
-Ma douce fille je t’autorise la télénetagie.
-Est-ce la seule chose à faire. Aslé incrédule.
-Il te faudra inscrire ces mots au verso de la photo :
« volare escargotus canto le guista canta le guisto »
(très ancien dialecte de la Lapécalodie)
Aslé eut peu de peine à dérober la photo, le plus difficile fut de retranscrire le message sans erreur. Lorsqu’enfin les mots furent inscrits, elle retourna la photo et du recto s’envola le plus bel escargot que la terre n’eut jamais portée…puis un deuxième…un troisième…
Quand enfin l’escadrille fut au complet, Aslé se mit aux commandes de ses douzaines et douzaines d’amis…D’ailleurs il lui était impossible de les compter tant ils étaient des milliers. Le ciel resplendissait de coquilles étincelantes juste avant de fondre sur un petit jardin qui sentait bon la fraîcheur saladine.
Aslé riait, riait de tout son cœur en les faisant se poser, décoller, se reposer, redécoller…des heures durant dans une éclatante beauté jusqu’à ce que…tomba la nuit. (!)
Alors elle reposa la photo dans un joli geste recto-verso de la plastique accomplie et courut embrasser le roi son père de ces délicieux moments passés.
Si les fleurs n’avaient pas existé, les escargots n’auraient jamais pu s’envoler !!!!!!!
(dans le prochain épisode, comment les escargots échappèrent aux gourmandises d’une grenouille)
09:44 Publié dans histoires D'Aslétie | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : Fées et magies
dimanche, 25 février 2007
…prologus
Souvenez-vous dans l’épisode 419, chapitre 76, alinéa 8, Aslé avait épousé la profession de chapelière. Mais au fil des années, l’ennui l’avait gagnée, ses créations restaient silencieuses sur les étagères de l’atelier, en perte d’inspiration elle décida de devenir chapelière itinérante et ainsi s’ouvrir à d’autres horizons.
Rassemblant le minimum vital, en comptant bien trouver en cours de chemin tous ce dont elle aurait besoin, elle prit le pari de réussir malgré tous les contredire. Ce fut quand même avec regret qu’elle quitta les fidèles voisines de l’atelier qui l’avait vue grandir mais aussi dépérir.
De nouvelles têtes….de nouvelles têtes enfin à découvrir et à couvrir… Puis un jour durant une escale un peu plus longue que les autres, Aslé fit la connaissance d’une jeune (et jolie) apprentie chapelière en pleine déroute mais au sourire déroutant aussi !! Or voilà, alors qu’Aslé commençait à s’habituer à l’idée que peut-être elles pourraient toutes deux joindre l’une ses expériences, l’autre ses connaissances, J.J.A.C (jeune et jolie apprentie chapelière) renonça à sa carrière. Aslé en fut déconfite des jours durant de ne pas avoir vu, lu, pu, su…de ne pas avoir été mise dans la confidence. Elle se sentait perdue, sans connaissance, sans n’avoir jamais su qui était réellement J.J.A.C. Perdant sa légendaire insouciance, Aslé traversa tout le Royaume des cruautés, des crus ôtés jusqu’à se retrouver enfin à frapper à la porte de la vérité qui s’ouvrit alors sur deux océans merveilleux de lumière…
(…pour lire la suite, il vous faudra vous référer au temps qui n’est pas encore passé...)
12:05 Publié dans histoires D'Aslétie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
jeudi, 04 janvier 2007
Comment Aslé par la magie d’une fée des griffes de la méchante sorcière fut sauvée.
L’histoire prit naissance en l’an 4873, année durant laquelle l’étoile Astaris disparut de la galaxie emportée par un tourbillon surannée de valses hésitations.
Or donc un jour qu’Aslé poussait son caddy dans l’espace interstellaire, munie d’épaisses lunettes noires pour ne pas être éblouie (la réfraction de la lumière sur l’eau est hautement néfaste à la beauté des cils sub-alternes), elle tomba en pâmoison après être entrée en collision avec un point d’exclamation.
Ces fameuses bornes qui débordent… ce jour-là étaient éteintes suite à une grève surprise des agents de vigilance.
Pâmoison.
Le mot est si faible pour décrire cet état un peu plus proche de la gastrocéphalie fulgurante que de la perte de connaissance.
Lorsqu’Aslé eut repris quelque peu ses esprits, le point d’exclamation dans l’entre fait s’était paré d’une belle bosse d’interrogation. C’est ainsi que naquirent de somptueux dialogues qui dérivèrent à la vitesse de la lumière jusqu’au jour où ils disparurent en points suspensifs, suspendus à jamais dans le vide.
(finalement il n’y aura pas de sorcière dans mon histoire, juste une fée !)
Ainsi donc Aslé doublement meurtrie, à la fois dans sa vie et dans ses rêves de l’esprit, avait définitivement perdu l’envie. Comptant les heures et les journées, n’ayant plus personne à qui dire et à qui écrire, elle se laissait aller à ne plus songer à l’avenir. Elle commençait à se noyer dans le gris de l’ennui quand miraculeusement elle « tomba » sur les écrits enluminés d’une très charmante fée. La potion fut si douce à prendre, l’émotion fut si forte à rendre que les mots se mirent à reprendre le sens de la vie.
Et non ! Je ne révélerai pas la couleur de l’élixir tout ce que je puis dire c’est que de nouveau je crois en l’avenir.
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