lundi, 02 novembre 2009

l’ombre et la parole

est-ce l’ombre des feuilles sur le marbre rose

celle du chêne rouge venue des portes de la forge

ou la voûte du dos de l’amiral courbée au temps reçu

ce soleil indécent sur le clocher pris des paroles

ce blanc des pierres volées aux années du château

ce blanc d’église et sa sonnaille enrouée

du glas des pas tordus sur les pavés

descendre au cimetière

descendre à la tombe qui se met à rompre

à corrompre cette vague trop lourde à porter

le nom presque le mien gravé par l’inconnu

moi qui ne disais jamais rien

voilà que je dis trop des larmes de tous nos gestes

cette chanson qui soudain me revient

celle où je remuais la terre pour planter des bruyères

quand les morts au jardin n’étaient que de simples morts

figés en sourires dans la cour du château heureux

quand mon seul souvenir vivant

n’était qu’une libellule sur un ruisseau

l’ombre de tous ces mots sortis dessous mes pieds

sous les racines fustigeant le silence de ce monde invisible

sous la lumière aveugle qui partout me vacille…

et si c’était juste l’ombre des feuilles qui me parlait

samedi, 21 février 2009

le re-tour

il y a des êtres merveilleux

qui sous leur banale apparence humaine

gardent cette étincelle au fond des yeux

celle qui allume les sourires sous la peine

leur main n’est jamais à prendre

parce qu’elle est toujours dans la vôtre

au silence leurs voix se font entendre

vous n’êtes pas seuls il y a cet autre

la tristesse s’échappe des volets clos

les gestes enfin ne font plus mal

l’être merveilleux se glisse sous votre peau

votre corps prend la forme d’une lumière pâle

alors que le soleil de midi brille en vous

sous les paupières de votre âme rouge

battent les ailes d’un ange devenu fou

vous ouvrez les yeux à l’étincelle qui bouge

il y a des êtres merveilleux

qui sous leur banale apparence humaine

gardent cette étincelle au fond des yeux

dimanche, 29 juin 2008

mille et une

ombre sans ombre
phrase sans mot
le noir le vide
l’insoutenable infini
non pas vraiment
juste le couloir entre deux portes
de deux bras qui m’emportent
un tourbillon
la vie
et puis…

troque troc trope-là

j’ai mille endroits à l’envers
j’ai mille feux à l’enfer
j’ai mille diables à se taire
j’ai mille diapasons en souffle d’air

j’ai mille ans mis longtemps

j’ai mille histoires entrave au firmament
j’ai mille temps à l’art mourant
j’ai mille tonneaux de colle à prendre
j’ai mille rouleaux à se détendre

j’ai mis mon pied dans la chaussure
j’ai mille écueils en lieu d’usure

j’ai mille indiens à peindre
j’ai mille combats à éteindre
j’ai mille tambours à blanchir l’eau
j’ai mille usines en greffe de peau

j’ai mille étés au plafonnier
j’ai milité pour les damnés

j’ai mille attentes au garde-fou
j’ai mille univers sans dessus dessous

et même j'ai... mille bras autour du cou

pour dire

...

jeudi, 06 mars 2008

à l'aube

sculpture

une rupture
de blessures, de doublure, de marbrures
une torture
de griffures, de zébrures, de criblures
une rainure
de ciselure, d’éraflure, d’effilure
une couture
de tubulure, de cambrure, de plissure
une coulure
d’écriture, d’usure, de soudure
une aventure
de brûlure, de raclures, de morsures

les mots raclent, les mots arrachent, les mots détachent.

Dans l’embrasure d’une ouverture, je préfigure la désulfure, j’endure les doigts d’écorchures, mon oeil en fourchure qui destructure les cannelures, les bosselures, les faufilures, les éraillures, les écaillures, les émaillures, les soufflures, les dentelures…jusqu’à ce que l’enclosure de la feuillure me libère pour une nouvelle texture.

Alors :

l’œuvre est close et repose dans un corps, dans un geste, dans un mouvement, dans une trace, dans une danse, dans un poème, dans un amour… dans une musique.

Elle se balance,

ouverture
fermeture
ouverture
fermeture
ouverture
fermeture
ouverture
fermeture
ouverture
fermeture
ouverture
fermeture

Elle s’en balance,
de figure en figure
de mot en mot
de structure en structure
de vie en vie.
Elle vit sa vie
d’arbre en arbre
de liane en liane,
et elle bourgeonne
printemps
ivre de feuilles
à peine écloses,
de nervures fraîches et nobles
d’un soleil à la grandir
et d’un été à la brûler
pour tout recommencer…

…une rupture, une torture, une rainure, une couture, une coulure, une aventure…qui dure, qui dure…le temps,

le temps
des mots qui attachent,
des mots qui se lient,
des mots d’une Apache
qui se livre à la vie.
le temps d’aimer
pour toujours
le temps
de deux
à se dire
le temps
à deux
de se dire



le temps
d’un tatouage à caresser
le temps
de mots doux et sages
à inventer
le temps
de ne plus avoir peur
le temps
qui va plus loin que le bonheur
le temps
qui n’en finit pas
le temps
des millions de bras

le temps de l’amour

dimanche, 23 décembre 2007

nolosé

Quand je pense à toi
C’est un rire que j’entends
Le silence de la plaine
Qui se fend du chemin
Toujours à découvrir

Quand je pense à toi
Je ne pense pas
Je souris sans rien dire
A l’abri devenu si familier
Si présent de le toucher
Sur ses parois lisses
Et qui glissent
Sous mes doigts

Quand je pense à toi
J’ai faim souvent
Des heures du goûter
De tartines au chocolat
Et du miel à volonté

Quand je pense à toi
J’ai des baisers
Des baisers de tous les baisers
A ne plus savoir souffler
Que de l’amour à t’aimer

Quand je pense à toi
Je m’endors
Dans tes bras
Et si je dors longtemps
C’est parce que je sais
Que demain
Tu seras là encore

Quand je pense à toi
J’ai des secrets
Qu’aucun mot ne pourrait dévoiler
J’ai
Les battements de mon coeur
Q’aucun oeil ne pourrait soulever
J’ai les ailes
Pour m’envoler
Si près de toi
Parmi toutes les étoiles
Qui battent l’appel
De nos deux corps retrouvés


Quand je pense à toi
Je ne sais pas
C’est comme si
Tu étais là
Quelque part en moi
Où nous serions deux
Fidèles de notre ombre

Quand je pense à toi
C’est que je t’aime
A oublier
Que tu n’es pas là

Quand je pense à toi

Mais je sais
Que tu comprendras

mercredi, 14 novembre 2007

alors les mots ?

les mots les mots vite venez
j’ai besoin de vous libérer
partir loin d’ici m’évader
parce que je vais en crever
si je ne peux pas m’exprimer
sortir du cri du mal aimé

les mots vite vite venez
sans vous je suis abandonnée
au triste sort de l’enchaînée
à une vie trop ordonnée
qui décime ma volonté

les mots les mots vous comprenez
tous mes doutes sur la beauté
de notre monde à discuter
le trouble qui s’est installé
à la table de mes pensées

les mots vite j’ai faim venez
c’est le lundi de l’angoissée
qui vous en supplie revenez
me laisser rêver me parler
de l’avenir à retrouver
du passé à faire imploser

les mots je vais vous expliquer
vous êtes ma nuit étoilée
le contraire de mes journées
le feu qui brûle d’éternité
vous êtes l’astre à sauver
la lumière d’où je suis née

les mots les mots les mots venez
car ensemble on va s’amuser
jouer de la face cachée
se couvrir de l’absurdité

dites les mots vous m’écoutez ?
dans le silence à partager
ce sont nos rires à résonner
et de la vie à s’épouser

prenez ma main allons danser
les mots les mots les mots riez
valsez enlacez délassez
le reste du temps allumé

le vent les mots le temps le saut
les mots le saut le temps le vent
et vole dans le temps Aslé
au pays des mots retrouvés


Le ciel sourit gris argenté
les arbres nus plissent leurs ramures.
Il tombe une lumière triste et froide.
Sur la terre noire en sommeil
un chat sauvage file sur ses gardes.
Seule la montagne de scories
s’illumine de la vie automnale,
des boulots et des charmes,
des pointes de promeneurs
venus d’une beauté d’ailleurs.

dimanche, 04 novembre 2007

Dans le secret des mots

endogène exogène
pathogène
indigène collagène
lysogène halogène
allogène homogène
cryogène gazogène
fumigène
antigène kérogène
phytogène

endo exo patho indi colla lyso halo
allo homo cryo gazo fumi anti kéro phyto


archimède andromède
agamède diomède
palamède
intermède

archi andro aga dio pala inter

si la bella catarina volare decantare le guista

nécrobiose
spirillose
spondylose
anastose

si sous le symbole de l’efficience
les mots se perdaient en toute connaissance
j’apprendrais les pages du dictionnaire
dans l’art compliqué d’un faux abécédaire
qui n’aurait d’utile que de détendre
l’imaginaire capillarité d’une soif d’apprendre

associer
dissocier
formuler
reformuler
engager
dégager
prendre
entreprendre
arroger
déroger

je jure pour conjurer le parjure
je joue pour déjouer le joug
je crie pour décrier le cri
je tourne pour détourner le tour
je pleure pour déplorer les pleurs
je biaise pour débiaiser le biais
je compte pour décompter le compte

si tu es belle tu sauras m’attendre
si tu es tendre tu sauras comprendre

héponyme
antonyme
anonyme
synonyme
pseudonyme
abdalomyne
…et ville de nîmes

je nie pour dénigrer le gris
je prie pour endosser le prix
je vis pour écouter la nuit
je lis pour éviter le bruit
je crie pour allumer la scie
je suis pour libérer l’ennui

je suis la réponse d’une passante gelée
qui cherchait avant d’affronter l’été
dans le plus pur secret d’un signe fléché
blanc de la fonte des mots si mal gardés
l’absolue certitude de s’être bien trompée
sur le conte embolique de l’éternité…


oui appelez-moi Marquise Aslé et rendez-vous au Chat Beauté ! je vous expliquerai dans les tarots givrés de l’absinthe dégrisée, comment je suis arrivée à la conclusion d’une note échappée d’un petit cahier d’écolier…

ah !!! je ris !! JE RIS ! Quel diable m’a donc piquée ! Cette satanée mouche sur le clavier.

dimanche, 07 octobre 2007

mots de mercure

amertume
bitume
coutume
rouge et bleue
la grue
costume
parfume
présume
elle tourne
les yeux
rue princesse
rue royale
rue nationale
longueur du feu
coupée en deux
allume
rallume
clignote
orange
danger chantier
une porte
un escalier
un palier
un baiser
la fenêtre
rouge et bleue
la grue tourne les yeux
un chant amoureux
une chanson d’adieu
les mots se suivent
je passe devant
palais de l’Europe
parfum d’Asie
palais et langue morte
il pleut des bruits des sons
je me sens idiote
assise dans la cohorte
je prends l’air absent
j’écris
des mots
des mosaïques
je pense à elle
rouge et bleue
je tourne les yeux
je monte en moi
je suis dehors
dressée fragile
par-dessus les toits
les rues les avenues
la place de la république
mon regard oblique
je me tire
un long trait d’horizon
et je respire
frisson d’évasion
je suis la grue rouge et bleue
juste un œil planté au milieu
les bras tendus écartés
à frôler la courbe de ses pensées
et cette envie de m’écrouler
pour qu’elle cesse de me regarder
et qu’enfin elle puisse m’écouter
dans le fracas de mon fer désarticulé
au pied de la plus haute tour imaginée
je l’aime je l’aime je l’aime
dans tout ce qui n’est pas un poème
dans la vie dans la ville
dans l’usine estudiantine
dans la voie de l’histoire naturelle
sur la couleur de sa peau
dans les tracés des cercles d’eau
en courant les marches de son corps
quand elle me dit et tu dors encore
en s’explosant d’un rire sonore
des miettes des miettes et des miettes
des poussières de graines qui essaiment
de l’amour incertain partout en refrain
rouge et bleue
la grue
tourne
les yeux
rue princesse
rue royale
rue nationale
longueur du feu
coupée en deux
allume
rallume
clignote
orange
danger chantier
une porte
un escalier

et c’est la nuit tombée

vendredi, 07 septembre 2007

Au ciel des voyeLLes

La voyelle i d’un e assortie
un beau jour fut prise de frénésie
et comme une lettre qu’on remercie
elle joua des mots de l’acrobatie.
Le e au triste sort d’hégémonie
sortit alors de sa paralysie
lorsque i lui dit en pleine folie
« e offrons-nous une fantaisie
toi et moi il faut que l’o nous marie »
Or mais voilà que le l balbutie
au singulier des voyelles amies
« un i dans l’e un e dans l’i ravie
mais un œil et deux yeux c’est pour la vie»

mardi, 29 mai 2007

pfffff

L’œil
Glisse

plisse malice

Le doigt
Glace

passe palace

La main
Glousse

pousse frimousse

Le nez
Plisse

bisse délice

La joue
Place

basse grimace

Le cou
Trousse

brousse secousse

Le front
Trace

brasse menace

Le dos
Trisse

Crisse hélice

le corps
Trame

brames en lisse

Le coeur
Drame

vices en rime

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