dimanche, 20 janvier 2008

réponse

écrire

je sens m’emplir
je cherche comment te dire
ce qui bat dans mon cœur
en force de couleurs
tes mots qui vivent souvenirs
de mon présent d’île à venir
de tous ces voyages de douceur
qui nous unissent du même bonheur

aimer

je sens m’emplir
je cherche comment te dire
ces lignes croisées du sud au nord
du nord au sud en fil d’or
tout ton soleil à m’éblouir
de l’amour qui me fait plaisir
celui qui me prend si fort
dans tes bras où je m’endors

libre

je sens monter en moi
ces mots à écouter
ceux qui me parlent de toi
de ce nous invisible à toucher
du bout de tous nos doigts
de l’air le parfum à respirer
de l’éternel feu de bois
qui vient à peine de s’allumer

flamme

je sens bien que je t’aime
parce que je ne finirai pas ce poème

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vendredi, 14 décembre 2007

Lettre à un œil

Cher Œil,

Je t’écris depuis le fond de mon lit, je sais où je suis, quant à toi perdu dans ton visage inconnu, je n’ai pas d’endroit où t’endormir, là où tu baisses la paupière, là où tu es la prière d’un corps près duquel tu t’endors.
Bel Œil comme une île noyée dans le décor de mes pensées, ton double à la symétrie de ton talent, ton nez ta bouche manquants me défiant d’initier l’esquisse de ta beauté, tes joues ton front absents se fondant dans le soupçon d’une arcade princière venue d’hier… Tu chevauches mon âme, la trame de mon histoire, le drame à l’envers de tous ces mots qui me hantent.
Je souris Oeil de la photo prise à l’heure, parce que l’essentiel est d’être dans son temps, celui que l’on capture aux traces sauvages de l’existence comme autant de claques qui font des clics, qui font déclic de larmes de pluie de rire et de bonheur.
Œil, toi qui me lis et me connais par cœur, tu brilles quelque part dans mon ordinateur mais encore bien ailleurs. Sur la rétine de l’étincelle, celle qui s’illumine de mille feux, les soirs de fête et des adieux. Mais pas seulement.

Je ne suis pas longue ce soir à dire tous les fourmillements d’impressions qui m’habitent. Je suis trop tôt sur l’horloge de tout ce qui m’envahit. Mais je voulais que tu saches combien tu m’as touchée et que, bien que ne me voyant pas, tu me regardes au fond de moi…Où n’est-ce que moi…Alors c’est déjà ça…

A bientôt, au détour de quelques unes de tes photos ou à la porte entrouverte sur mes mots.

Aslé,

p.s : ( pensées surréalistes )

samedi, 13 octobre 2007

Lettre à lettre

Lettre à un cœur
Toi qui bats troglodyte
Dans l’ombre du granit
Je crois que tu t’effrites
Dans cette prison maudite

Lettre à une prison
Toi qui mures l’interdit
Dans la cage des punis
Je crois que tu t’ennuies
Dans cette larve de vie

Lettre à une vie
Toi qui suis sans raison
Tout le temps des solutions
Je crois que tu es dans l’abandon
De l’ordre des passions

Lettre à une passion
Toi qui m’empoisonnes
Dans le fond de ma personne
Je veux que tu me pardonnes
De mon obsession qui déraisonne

Lettre à une raison
Toi qui te dis lassitude
Dans l’étalement de l’habitude
Je veux la réponse prude
De ta réelle attitude

Lettre à une attitude
Toi qui te dresses fière
Dans le savoir des lumières
Je veux plus que la prière
De ta lettre toute entière

Lettre à une lettre
Toi qui n’en finis pas
De murmurer tout bas
Je veux que tu sois là
Quand la matière est sans état

Lettre à un état
Toi qui me fuis le jour
Laissant le soupçon du retour
Je me suspends au fil de l’amour
Avec le vide autour

Lettre à un vide
Toi qui te dis timide
Sous mes pas implacides
tu te cribles de rides
A me serrer la bride

Lettre à un cheval
Je n’ai plus rien à dire
Que la force de l’avenir
Et les vaches peuvent bien mugir
Je prends le train du rire

Lettre à un rire
Car il faut bien finir
Et le clown applaudir
De blanche à rougir
Sa trompette à soupirs

Lettre à un soupir…

Enfin

mardi, 18 septembre 2007

Lettre à un ciel

En te lisant, je pense à ça : il me faudrait un ciel uniformément gris, sans rien, sans mouvement, sans éclaircie, sans tempête, un ciel vide au dessus de ma tête, ma tête vide, de temps en temps, juste un peu, ça doit être ça qui me manque…une photo du vide, un texte sans mot…un silence mais un vrai.

Je dis ça mais ça me fait peur.

Le ciel me fait toujours penser à la mer, au départ, à quitter l’endroit que j’aime, au retour de vacances, aux jeux à deviner et voir. Ca me ressemble je sais. A changer sans arrêt, à ne jamais vraiment trouver le calme : cette sérénité dans l’apaisement de l’autre. Je ne peux pas faire sans nuages et rêve de grande étendue bleutée. Et l’on m’accuse de la recherche de perfection, de ce qui n’existe pas. Moi je ne sais pas. Je n’ai pas encore trouvé ce qui me comblerait à m’éteindre du feu qui m’anime. Même si petit comme aujourd’hui, j’ai toujours envie de revivre. Chaque jour.

mardi, 26 juin 2007

vacances

Pulsion répulsion re-pulsion impulsion révolution évolution automne des mots démolition pardonne un attentat en attendant une attitude…Viens…Je défile ma vie sur une toile invisible, je déroule les pages jaunes à l’infini, je ne peux plus me taire, paroles sans fin et je cherche Victorine au mot vitrine parce que j’ai des secousses de toi, des appels au secours, des sirènes dans les yeux, des mots d’amour dans le jardin, des fleurs plein la tête, des idées sur toute la terre et que c’est une catastrophe tous ces nouveaux nuages noirs qui s’abattent au milieu de tous mes efforts. J’ai envie. Viens. Je défie, je te défie, je te figure ton visage de passage en passage, les traits chauds à demi-mot aveugles de toi je nage au son de ta peau, aux frémissements de tes cils et puis il y a tes lèvres indociles noyées dans le brouillard de la nuit, le phare perdu qui s’incline sous les étoiles de ton cœur. Viens car je ne sais plus. J’ai oublié toute une clé, je n’ai plus qu’une seule main, mes bouts de phrases n’ont aucun sens, je croule à en perdre le souffle de tous ces couloirs aux portes fermées qui se perdent dans mon obscurité comme la peur de ne jamais te retrouver. Alors viens puisque tu sais le chemin. Je n’irai plus par quatre mots, le monde est un salaud qui m’assassine dans ma faiblesse à ne jamais répondre et de cruautés m’ensevelit car j’ai envie de respirer l’air libre à tes côtés. Donne-moi la force que tu viendras. Laisse-moi te lire du début à la fin et te relire dans le plaisir de me taire enfin. Viens encore ôter les mots qui entravent mon corps et laisse moi t’écouter de la vie, de la mort, de l’éternité… je ne sais pas mais de tout en congé de la vie …juste celui de t’aimer.

samedi, 12 mai 2007

Lettre à une photo

La première fois que tes yeux m’apparurent, ce fut ce regard clair, la peau fragile et blonde de la porcelaine, la douce partie de ma mère. Le plissement sourieur de l’être souffert de l’intérieur. Elle ressemblait à une personne qui vit encore, d’autant plus à l’aube de la mort, les traits tirés perdus des rondeurs maternelles. Elle était belle et elle lui ressemblait si fort.
Elle chantait aussi, mais jamais elles ne l’entendirent toutes celles du dernier service au chevet de « l’actrice ».
Chère photo, quel plaisir de te savoir là entourée de ces mots, trouvée dans ce monde virtuel, elle n’en est que plus réelle, elle est, bien plus que parmi les fleurs au cimetière. C’est le premier beau regard porté ailleurs que dans mes souvenirs. J’aurais voulu écrire le prénom que tu portes comme un sourire mais les secrets ne s’offrent pas à dire…

Je t’embrasse du bout des doigts