dimanche, 04 octobre 2009
Toi
19:22 Publié dans cinq heures dix | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jeanne, je t'aime, photo mille & un sud, le corset des mots
jeudi, 01 octobre 2009
…pour un euro
la rue sans les peupliers
la rue toute plate
toute neuve de pavés et de bitume
la rue large au trottoir avec vue
sur ce qui n’existe plus
un croisé orange à chaque angle
tout est propre
même les balais sont invisibles
un pas claudique d’une hanche
quelque chose de normal
un homme croise mon regard
des serviettes en cuir filent les jambes serrées
un couple de vieille richesse bronzée
semble être tombé d’une carte postale
la foule est ailleurs
dans le passé des rues bondées
qui remontaient jusqu’à la blanche
avec ma mère
avec mes copines
avec quelqu’un
avec moi toute seule
avec des souvenirs
c’est là à gauche
la perpendiculaire
finissant en marchands de frites et en glaces
rue de la gare
la gare
un bateau déguisé en phare
un bout de nulle part
la gare en béton devenu coups de crayon
la gare toujours pareille
toujours belle
blanche si basse et ronde
une femme allongée au bout de l’horizon
une première gare d’où l’on part
de là où on vient
…enfin
comme la gare
où il y a toujours des trains
20:11 Publié dans cinq heures dix | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : photo mille & un sud, jeanne
mercredi, 16 septembre 2009
sourire
et si j’écrivais plus petit
correction carrosse
j’aurais les pages d’un livre
pour me tenir d’abri
j’écrirais la gazelle qui n’enfante que des tigres
la hauteur de ses cris face au coq en sursis
comment elle noya le mauvais homme
habillée en éléphant noir taché de blanc
la vie la vie est un royaume de souris
parlez-en aux mots sous le roller bic
la toile l’étoile le fond des rimes
les jours qui passent sous l’essuie-glace
voyez comme mes paroles sont marquées
je finis par parler-dire comme j’écris
et si j’écrivais plus petit
pour être sérieuse dans un livre
des îlots de paragraphes sur la banquise
un ours gentil une usine à traîneaux
une esquimaude aux belles joues chaudes
et une alerte aux pôles de l’intérieur
pour un joli meurtre avec un collier de fleurs
je ris je ris j’atteints la mort orange sans soucis
voyez même dans mes rêves de cette nuit
dans la pochette de feutres pour Inès
il y avait une araignée toute bariolée
et si j’écrivais plus petit
c’est qu’il me faudrait en nourrir des mots
de la langue en silence que j’expire
l’élevage de tous mes enfants pris à tous les temps
les faire s’aimer ensemble sur les feuilles
tombées d’une imprimante à moteur d’encre…
…et si j’aimais plus grand
[…]
source image : IcI
17:53 Publié dans cinq heures dix | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : aslémita
mardi, 25 août 2009
le bateau blanc
ailleurs
peut-être pas si loin
dans l’inconnu d’un rêve aimé
quelque part
habité de la confiance
maison d’arbre
de paille et de silence
de paroles aux mots pour dire
de mains prises en vivres d’exister :
les mains
pour tout comprendre de la vie.
ailleurs
partage en heure bleue et temps de solitude
écrire des pages et des pages de bonheur
les pleurer au soir de la marée
aimer la vague qui tout efface
qui déshabille les yeux de la nuit
à la ponce douce d’un grain salé.
chaque matin naître un bateau
chaque matin gagner un peu plus
la fine transparence de l’invisible
faire de l’aube une pêche nouvelle
dessiner les mains toujours les mêmes
celles qui prennent la source au jour qui vient.
19:12 Publié dans cinq heures dix | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : peintures essentielles, le bateau et la main, les couleurs du bateau
mercredi, 22 juillet 2009
morning
le goût du matin dans la bouche
drap froissé
soleil levé
la douceur de l’air que je respire
et les rêves de la nuit me reviennent
d’une course folle pour te retrouver
et qui se terminait tout contre toi
pulpe orangée
arôme café
la douceur de l’air ni chaud ni froid
et les rêves de la nuit me reviennent
d’un baiser si tendre si bleuté
que c’est lui qui m’a réveillée
crayon papier
pensée d’aimer
la douceur de l’air qui m’enveloppe
et tous les rêves de la nuit me reviennent…
07:46 Publié dans &, cinq heures dix | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jeanne
lundi, 29 juin 2009
*à l’encre de l’envers
un jour
de silence ou deux
un passage de cri
où il pleut
un soleil bleu sous l’immense
une crise de patience
ou deux
dans
un éclair blanc
où il pleut
un trouble étroit
ou même pas
un coup de ciel en mirage
un soleil sang baigné de rage
un mot qui coule
ou deux
dans
un trou creusé d’une bombe
où deux allumettes
se battent en duel le feu
qui de la bleue
ou de la rouge
s’éteindra la mieux
un jeu d’une vie
ou deux
un passage de l’oubli
où il pleut
un désert noir sous l’immense
une étincelle blanche
ou deux
dans
un signe de lame
où il pleut
une larme
une vie
ou même pas
un coup d’amour en otage
un soleil sang baigné de rage
un mot qui coule
ou deux
dans
une fosse creusée de l’ombre
où deux âmes vives
se battent en coeur
l’espoir
de l’heure
ou de la demie
qui sonnera la mieux
…passe passe passera
la dernière restera…
12:28 Publié dans cinq heures dix | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : no tag
samedi, 13 juin 2009
Sfigmonanomettro

Elle se portait en bleu des mers froides
la peau couleur du sable des dunes
les yeux perdus entre l’opale si blanc
et la profondeur abyssale de l’océan.
Elle se portait en transparence aussi
se fondant au rouge et vert des tumultes de la terre
les mains culbutant les herbes couchées par le vent.
Seul son sourire fidèle amant de ses passages
vivait aux rives plissées du temps présent.
Elle se portait en trouble ému
balbutiant ses silences à l’inconnu
sur ses lèvres couraient les îles des anges et de l’enfer
elle soupirait en corps les abandons de sa prison
puis elle s’étirait en colère démise de sa falaise fière.
Elle se portait en brume pâle souveraine du soleil
criant sirène la vague aux jambes liées par les algues
l’amour la portait d’enfanter tous ses rêves
alors elle se portait en jour attachée du bonheur.
Elle souriait…
*photo Jeanne
17:43 Publié dans &, cinq heures dix | Lien permanent | Commentaires (17) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jeanne
jeudi, 30 avril 2009
rouge et bleu
Les couleurs se délavent.
Un autre monde.
Les rêves un à un se détachent
d’eux-mêmes,
de moi.
Si les larmes pouvaient couler
me souvenir.
Mais les couleurs s’en vont,
elles se pleurent l’une à l’autre.
Dans le pot,
les pinceaux se poussièrent
en noir et blanc.
La lassitude devient plate,
le manteau de tristesse suspendu à un S.
Dehors,
c’est un tableau.
L’avenir blanc des arbres se disperse,
cachant le soleil en particules de neige.
Le nez collé à la vitre,
les mains se battent d’applaudir,
le rouge revient au sang,
l’œil se refait en bleu.
Les couleurs se réparent.
Une autre vie.
Les rêves un à un se souviennent
d’eux-mêmes,
de moi.
Si les larmes pouvaient s’entendre
m’oublier.
Mais les couleurs sont là,
elles se prennent l’une à l’autre.
Dans le pot
Les pinceaux s’impatientent
en sanguines.
La béatitude devient ronde,
l’écharpe du bonheur suspendue dans le vent.
Dedans,
c’est un tableau,
au présent de forces en bouillonnement,
le gîte des palpitations de l’émotion.
Le nez dilaté au parfum,
les mains creusées au ventre de rugir.
Le rouge revient au sang,
l’œil se refait en bleu.
17:35 Publié dans cinq heures dix | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : peintures essentielles
dimanche, 15 mars 2009
Ma terre
Ma terre, celle de mon jardin
Où prennent les miracles
Quand après le passage des bulldozers
Naissent des pavillons à l’ocre fleurie.
Ma terre, minée par l’Histoire
Rouillée par les détails de la guerre
Sur la place d’un immense champ
Creusé aux yeux des cadavres de Hans
A l’ombre des montagnes noires offertes
au souffle perdu des hommes au fond du trou.
Ma terre, celle où pousse la menthe de mon grand-père
Le souvenir pris de son jardin juste avant la dernière vague.
Celle du thym, comme une colline rêvée de Provence
A repiquer à donner à parfumer de tous les plats
Et qui refleurit à chaque fin de printemps
Toujours plus riche et plus unique
D’être le seul à se contenter de si peu pour vivre.
Ma terre, celle aux narcisses et jonquilles mêlés
Avec ses tulipes rouges de toutes les hollandes
Ses lignes pour rire en fière armée dressée
Et si belles évasives les pétales ouverts en fin de vie
Quand enfin vient le temps promis des premiers semis.
Des rideaux de fleurs au devant des pommes de terre
Des potirons qui courent entre l’ail et l’échalote
Des arrosoirs débordés d’heures au coucher du soleil.
Et les parfums de la nuit sur la vieille banquette avachie
A regarder parler les étoiles et écouter la terre se noyer.
18:15 Publié dans cinq heures dix | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nature, d'hier et de demain, en attendant le printemps
jeudi, 05 mars 2009
…presque rien à dire
Certains diront quelle drôle de vie
Alors je leur répondrai c’est ma vie
Je n’ai pas vraiment tout choisi
Mais il n’y a rien que je n'aie subi
Je ne suis plus l’enfant vexée
Qui courait s’enfermer dans sa fierté
J’ai appris à savoir tout écouter
Et faire de mon silence ma liberté
Certains diront quelle drôle de femme
Alors je leur répondrai c’est « mon » drame
Je n’ai pas vraiment tout d’une femme
Mais il n’y a rien en moi qui soit infâme
Je ne suis plus ce corps plein de désir
Qui courait insouciant de son avenir
J’ai appris qu’il y avait d’autres plaisirs
Ne serait-ce que déjà celui d’écrire
Certains diront quelle drôle de chose
Alors je leur répondrai c’est ma prose
Je n’ai pas vraiment tout d’une rose
Mais il n’y a pas de parfaite chose
Je ne suis pas de l’intelligence
De celle qui se marque en évidence
J’ai appris avec les circonstances
Tout au long des pas de la danse
Certains diront quelle drôle de vie
Alors je leur répondrai c’est ma vie
Je n’ai pas vraiment tout choisi
Mais il n’y a rien que je n'aie subi
Je ne suis plus au rêve du plus beau
Je suis ma peau et tous ses défauts
Il y a ceux qui s’effacent avec de l’eau
Mais pour le reste la chair reste de maux
Certains diront quelle drôle d’histoire
Alors je leur répondrai vous voulez voir ?
Je n’ai plus personne à qui me décevoir
Mais il n’y a rien de plus terrible qu’un miroir
Et tout en moi s’accélère à la septième vitesse
Mes gènes entre eux se lancent des s.o.s
L’amour fou me tambourine les fesses
Non je n’ai pas encore l’âge de la vieillesse
Certains diront quelle drôle de femme
Alors je leur répondrai c’est « mon » drame
Je n’ai pas vraiment tout d’une femme
Mais il n’y a rien en moi qui soit infâme
…
16:50 Publié dans cinq heures dix | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : aslémita, etc




