dimanche, 04 octobre 2009

Toi

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ma déesse inca

ma coulée bleue de chine

de toutes les encres de traverse

au chemin courbe des mots muets

je t’aime

jeudi, 01 octobre 2009

…pour un euro

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la rue sans les peupliers

la rue toute plate

toute neuve de pavés et de bitume

la rue large au trottoir avec vue

sur ce qui n’existe plus

un croisé orange à chaque angle

tout est propre

même les balais sont invisibles

un pas claudique d’une hanche

quelque chose de normal

un homme croise mon regard

des serviettes en cuir filent les jambes serrées

un couple de vieille richesse bronzée

semble être tombé d’une carte postale

la foule est ailleurs

dans le passé des rues bondées

qui remontaient jusqu’à la blanche

avec ma mère

avec mes copines

avec quelqu’un

avec moi toute seule

avec des souvenirs

c’est là à gauche

la perpendiculaire

finissant en marchands de frites et en glaces

rue de la gare

la gare

un bateau déguisé en phare

un bout de nulle part

la gare en béton devenu coups de crayon

la gare toujours pareille

toujours belle

blanche si basse et ronde

une femme allongée au bout de l’horizon

une première gare d’où l’on part

de là où on vient

…enfin

comme la gare

où il y a toujours des trains

mercredi, 16 septembre 2009

sourire

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et si j’écrivais plus petit

correction carrosse

j’aurais les pages d’un livre

pour me tenir d’abri

j’écrirais la gazelle qui n’enfante que des tigres

la hauteur de ses cris face au coq en sursis

comment elle noya le mauvais homme

habillée en éléphant noir taché de blanc

la vie la vie est un royaume de souris

parlez-en aux mots sous le roller bic

la toile l’étoile le fond des rimes

les jours qui passent sous l’essuie-glace

voyez comme mes paroles sont marquées

je finis par parler-dire comme j’écris

et si j’écrivais plus petit

pour être sérieuse dans un livre

des îlots de paragraphes sur la banquise

un ours gentil une usine à traîneaux

une esquimaude aux belles joues chaudes

et une alerte aux pôles de l’intérieur

pour un joli meurtre avec un collier de fleurs

je ris je ris j’atteints la mort orange sans soucis

voyez même dans mes rêves de cette nuit

dans la pochette de feutres pour Inès

il y avait une araignée toute bariolée

et si j’écrivais plus petit

c’est qu’il me faudrait en nourrir des mots

de la langue en silence que j’expire

l’élevage de tous mes enfants pris à tous les temps

les faire s’aimer ensemble sur les feuilles

tombées d’une imprimante à moteur d’encre…

…et si j’aimais plus grand

 

[…]

 

source image : IcI

 

mardi, 25 août 2009

le bateau blanc

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ailleurs

peut-être pas si loin

dans l’inconnu d’un rêve aimé

quelque part

habité de la confiance

maison d’arbre

de paille et de silence

de paroles aux mots pour dire

de mains prises en vivres d’exister :

les mains

pour tout comprendre de la vie.

 

ailleurs

partage en heure bleue et temps de solitude

écrire des pages et des pages de bonheur

les pleurer au soir de la marée

aimer la vague qui tout efface

qui déshabille les yeux de la nuit

à la ponce douce d’un grain salé.

 

chaque matin naître un bateau

chaque matin gagner un peu plus

la fine transparence de l’invisible

faire de l’aube une pêche nouvelle

dessiner les mains toujours les mêmes

celles qui prennent la source au jour qui vient.

mercredi, 22 juillet 2009

morning

 

le goût du matin dans la bouche

drap froissé

soleil levé

la douceur de l’air que je respire

et les rêves de la nuit me reviennent

d’une course folle pour te retrouver

et qui se terminait tout contre toi

pulpe orangée

arôme café

la douceur de l’air ni chaud ni froid

et les rêves de la nuit me reviennent

d’un baiser si tendre si bleuté

que c’est lui qui m’a réveillée

crayon papier

pensée d’aimer

la douceur de l’air qui m’enveloppe

et tous les rêves de la nuit me reviennent…

 

lundi, 29 juin 2009

*à l’encre de l’envers

 

un jour

de silence ou deux

un passage de cri

où il pleut

un soleil bleu sous l’immense

une crise de patience

ou deux

dans

un éclair blanc

où il pleut

un trouble étroit

ou même pas

un coup de ciel en mirage

un soleil sang baigné de rage

un mot qui coule

ou deux

dans

un trou creusé d’une bombe

où deux allumettes

se battent en duel le feu

qui de la bleue

ou de la rouge

s’éteindra la mieux

 

un jeu d’une vie

ou deux

un passage de l’oubli

où il pleut

un désert noir sous l’immense

une étincelle blanche

ou deux

dans

un signe de lame

où il pleut

une larme

une vie

ou même pas

un coup d’amour en otage

un soleil sang baigné de rage

un mot qui coule

ou deux

dans

une fosse creusée de l’ombre

où deux âmes vives

se battent en coeur

l’espoir

de l’heure

ou de la demie

qui sonnera la mieux

 

…passe passe passera

la dernière restera…

samedi, 13 juin 2009

Sfigmonanomettro

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Elle se portait en bleu des mers froides
la peau couleur du sable des dunes
les yeux perdus entre l’opale si blanc
et la profondeur abyssale de l’océan.
Elle se portait en transparence aussi
se fondant au rouge et vert des tumultes de la terre
les mains culbutant les herbes couchées par le vent.
Seul son sourire fidèle amant de ses passages
vivait aux rives plissées du temps présent.
Elle se portait en trouble ému
balbutiant ses silences à l’inconnu
sur ses lèvres couraient les îles des anges et de l’enfer
elle soupirait en corps les abandons de sa prison
puis elle s’étirait en colère démise de sa falaise fière.
Elle se portait en brume pâle souveraine du soleil
criant sirène la vague aux jambes liées par les algues
l’amour la portait d’enfanter tous ses rêves
alors elle se portait en jour attachée du bonheur.
Elle souriait…

 

 *photo Jeanne

jeudi, 30 avril 2009

rouge et bleu

 

 

Les couleurs se délavent.

Un autre monde.

Les rêves un à un se détachent

d’eux-mêmes,

de moi.

Si les larmes pouvaient couler

me souvenir.

Mais les couleurs s’en vont,

elles se pleurent l’une à l’autre.

 

Dans le pot,

les pinceaux se poussièrent

en noir et blanc.

La lassitude devient plate,

le manteau de tristesse suspendu à un S.

 

Dehors,

c’est un tableau.

L’avenir blanc des arbres se disperse,

cachant le soleil en particules de neige.

Le nez collé à la vitre,

les mains se battent d’applaudir,

le rouge revient au sang,

l’œil se refait en bleu.

 

Les couleurs se réparent.

Une autre vie.

Les rêves un à un se souviennent

d’eux-mêmes,

de moi.

Si les larmes pouvaient s’entendre

m’oublier.

Mais les couleurs sont là,

elles se prennent l’une à l’autre.

 

Dans le pot

Les pinceaux s’impatientent

en sanguines.

La béatitude devient ronde,

l’écharpe du bonheur suspendue dans le vent.

 

Dedans,

c’est un tableau,

au présent de forces en bouillonnement,

le gîte des palpitations de l’émotion.

Le nez dilaté au parfum,

les mains creusées au ventre de rugir.

Le rouge revient au sang,

l’œil se refait en bleu.

 

dimanche, 15 mars 2009

Ma terre

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Ma terre, celle de mon jardin

Où prennent les miracles

Quand après le passage des bulldozers

Naissent des pavillons à l’ocre fleurie.

 

Ma terre, minée par l’Histoire

Rouillée par les détails de la guerre

Sur la place d’un immense champ

Creusé aux yeux des cadavres de Hans

A l’ombre des montagnes noires offertes

au souffle perdu des hommes au fond du trou.

 

Ma terre, celle où pousse la menthe de mon grand-père

Le souvenir pris de son jardin juste avant la dernière vague.

 

Celle du thym, comme une colline rêvée de Provence

A repiquer à donner à parfumer de tous les plats

Et qui refleurit à chaque fin de printemps

Toujours plus riche et plus unique

D’être le seul à se contenter de si peu pour vivre.

 

Ma terre, celle aux narcisses et jonquilles mêlés

Avec ses tulipes rouges de toutes les hollandes

Ses lignes pour rire en fière armée dressée

Et si belles évasives les pétales ouverts en fin de vie

Quand enfin vient le temps promis des premiers semis.

 

Des rideaux de fleurs au devant des pommes de terre

Des potirons qui courent entre l’ail et l’échalote

Des arrosoirs débordés d’heures au coucher du soleil.

 

Et les parfums de la nuit sur la vieille banquette avachie

A regarder parler les étoiles et écouter la terre se noyer.

jeudi, 05 mars 2009

…presque rien à dire

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Certains diront quelle drôle de vie

Alors je leur répondrai c’est ma vie

Je n’ai pas vraiment tout choisi

Mais il n’y a rien que je n'aie subi

 

Je ne suis plus l’enfant vexée

Qui courait s’enfermer dans sa fierté

J’ai appris à savoir tout écouter

Et faire de mon silence ma liberté

 

Certains diront quelle drôle de femme

Alors je leur répondrai c’est « mon » drame

Je n’ai pas vraiment tout d’une femme

Mais il n’y a rien en moi qui soit infâme

 

Je ne suis plus ce corps plein de désir

Qui courait insouciant de son avenir

J’ai appris qu’il y avait d’autres plaisirs

Ne serait-ce que déjà celui d’écrire

 

Certains diront quelle drôle de chose

Alors je leur répondrai c’est ma prose

Je n’ai pas vraiment tout d’une rose

Mais il n’y a pas de parfaite chose

 

Je ne suis pas de l’intelligence

De celle qui se marque en évidence

J’ai appris avec les circonstances

Tout au long des pas de la danse

 

Certains diront quelle drôle de vie

Alors je leur répondrai c’est ma vie

Je n’ai pas vraiment tout choisi

Mais il n’y a rien que je n'aie subi

 

Je ne suis plus au rêve du plus beau

Je suis ma peau et tous ses défauts

Il y a ceux qui s’effacent avec de l’eau

Mais pour le reste la chair reste de maux

 

Certains diront quelle drôle d’histoire

Alors je leur répondrai vous voulez voir ?

Je n’ai plus personne à qui me décevoir

Mais il n’y a rien de plus terrible qu’un miroir

 

Et tout en moi s’accélère à la septième vitesse

Mes gènes entre eux se lancent des s.o.s

L’amour fou me tambourine les fesses

Non je n’ai pas encore l’âge de la vieillesse

 

Certains diront quelle drôle de femme

Alors je leur répondrai c’est « mon » drame

Je n’ai pas vraiment tout d’une femme

Mais il n’y a rien en moi qui soit infâme

 

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