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lundi, 24 décembre 2007

Kiki

Le singe s’était enfui déguisé en père noël. Dans le silence de la chambre, je griffonne assise sur le lit, je réfléchis, et si je mettais des rubans rouges au cou de mes chats et des grelots à mes chevilles, quel jeu pourrions-nous inventer alors que je suis entrain de couver une grosse crise de cafard noir, du plus profond noir qui soit.
Le noir et le blanc ne sont pas des couleurs, chacun les totalisent toutes, alors c’est noir, c’est blanc, c’est pareil…c’est une inversion.
J’ai toutes les couleurs et si je retirais le rouge pour voir : alors le singe s’enfuit déguisé en père noël et je commence à sourire.
Quand j’étais petite, mon père me racontait l’histoire du singe, j’aimais bien, j’aurai voulu un singe. Pour noël par exemple. Je l’aurais appelé Kiki ou Koko ou …bof… . Bien sûr, il aurait su parler et j’aurais été sa Vévé. Mon père l’aurait trouvé dans un cirque déguisé en père noël à faire des acrobaties sur la selle d’un cheval blanc. Ah ! non ! pas tout blanc sinon ça va me reprendre… Blanc avec du roux, non pas roux, marron, une robe….bon ! Le cheval était marron déguisé en renne avec des antennes pour paraboliser la divination.
Après le spectacle, mon père serait allé à la roulotte du méchant directeur pour lui refaire le portrait, ensuite il aurait ouvert toutes les cages et le petit singe déguisé en père noël aurait sauté sur l’épaule de mon père, et mon père aurait sauté sur le cheval déguisé en renne et au triple galop il serait descendu par le conduit de la cheminée de ma maison de poupée.
Avec Kiki on se serait fait une cabane dans le jardin avec tous les legos qu’on aurait volés au grand magasin des jouets. Kiki aurait été un as. Il aurait fait tous mes devoirs et j’aurais été présidente du monde…des playmobils.
Ma mère lui aurait cousu un costume tout bleu, et une chemise et une cravate et une petite casquette.
Le costume du père noël je l’aurais enfilé à Aline, la pas belle, la poupée de mon grand père gagné à la carabine. Etriquée Aline, ridicule dans cet habit trop petit. Ensuite avec Kiki on l’aurait battue et jetée aux quatre murs toute cabossée pour en avoir une autre, une vraie, une qui parle avec des piles et qui racontent des histoires pour endormir les grandes filles qui ont des trous blancs et noirs dans la mémoire.
Avec Kiki on aurait fait explorateur d’archéologie, en époussetant des grains de sable au sahara. On aurait fait du dromadaire et du chameau. Et puis un jour on aurait rencontré une princesse et Kiki l’aurait épousée…moi je n’aurais pas pu, j’aurais été encore trop petite. Et ils auraient eu plein plein de petits Kiki pour toutes les petites filles du monde…pour les garçons c’est une autre histoire.

Le chat s’était enfui déguisé en père noël. Dans le salon l’arbre habillé d’une étrange façon observait à ses pieds le petit garçon et qui rêvait, et qui rêvait d’un chat perdu qui viendrait sonner à la porte au douzième coup de minuit.
Le chat s’était enfui du cirque sans même prendre le temps d’ôter son déguisement car il venait de recevoir le message d’une étoile accrochée sur un sapin quelque part dans une maison où rêvait un petit garçon. Il fallait faire vite et passer la pointe du museau partout sur tous les carreaux illuminés de noël pour retrouver l’enfant au rêve. Le chat volait en zigzag à travers les rues, d’une vitre à l’autre… « mais non ce n’est pas lui…comment je peux savoir çà…se dit soudain le chat… ah ! par mes moustaches que je sois fait de glace si je ne le trouve pas…en tous cas ce n’est pas ce petit garçon là qui tire la langue à ses parents. »
Minuit moins cinq. Le petit garçon au pied du sapin s’était endormi. Kiki le chat échappé du cirque en habits de père noël était couvert de boue à présent, éclaboussé par toutes les voitures qui passaient pour conduire les grandes personnes au rendez-vous secret.
Il n’avait toujours pas trouvé. Les douze coups allaient sonner, il avait visité toutes les maisons, il ne restait plus que cette toute petite dernière dans cette impasse lugubre, si triste qu’aucun humain n’aurait pu y vivre, pas même un chat. Et pourtant un arbre brillait à l’intérieur et une étoile scintillait si fort parmi les guirlandes que les moustaches de Kiki s’allumèrent de l’éclair du sourire.
Par la fenêtre il aperçut le petit garçon endormi, il se mit à gratter à la vitre mais en vain.
Face à la porte d’entrée, il tenta de sauter pour essayer d’atteindre le bouton de la sonnette…
Et soudain ce fut l’heure, les coups s’enchaînèrent, le chat avait cessé de bondir, son cœur s’était arrêté… Le douzième coup s’achevait quand la porte s’ouvrit sur le regard ébloui d’un petit garçon qui savait bien que les chats sont trop petits pour sonner à la porte.

24/12/07

Commentaires

Très joli cadeau de Noël, tu es vraiment une princesse des mots. Je me suis contentée d'une photo et de banalités, mais c'était de bon coeur. Je t'embrasse fort.

Ecrit par : ariaga | lundi, 24 décembre 2007

Une brassée d'arc-en-ciel pour toi et de sourires pour balayer les mauvaises ondes.

J'ai lu ton histoire à mes 4 greffiers tout esbaudis. Valentine est persuadée qu'elle saurait ouvrir une porte pour se jeter au cou d'un petit garçon (mais celle-là a de la chance, elle ne doute jamais de rien). Mais maintenant, comment je fais ? Ils réclament des grelots, des guirlandes et des jeux de cirque ?

Enfant, je me suis racontée plein d'épopées avec un singe en peluche qui portait une petite livrée rouge, et ton histoire m'a offert une échappée vers ces temps de rêveries folles et douces où l'imagination se débride. Un rayon de soleil ! Ca fait du bien !

Ecrit par : meerkat | mardi, 25 décembre 2007

stiiiiiiillle nacht !!! heilige nacht la la la la la lala
all the best ! from outer space !

Ecrit par : lam | mardi, 25 décembre 2007

sourires et tendresses

Ecrit par : jeanne | mercredi, 26 décembre 2007

Ariaga,
C’est l’intention du coeur qui compte et pour ça le tien n’a rien de banal


Meerkat,
Tu me fais rire…mes chats à moi savent allumer l’aspirateur mais pas encore le passer. Mais je ne désespère pas…je vais bien trouver une histoire pour endormir leur paresse et les mettre au travail…
J’en profite… puisqu’ils sont au jardin pour ourdir à leur encontre un plan machaviélique…hi hi hi….


Lam,
Quelle voix de stentor !!! j’adore…
O Tannen Baum O Tannen Baum…lalalalala la !!!


Jeanne,
Merci…et je dis vague…la n°26

Ecrit par : Aslé | mercredi, 26 décembre 2007

Lorsque je te lis Aslé, je reste... un peu éblouie, très attendrie et comme légèrement soulevée du sol ! Ta poésie et la beauté de ce que tu as à dire me ramènent à la lumière... et me font oublier les aridités de mon existence. C'est un souffle très doux et frais que je reçois de toi.

Baisers

Ecrit par : Eperdue | mercredi, 26 décembre 2007

Eperdue,
Je suis un peu émue de tes mots ici, tu vois...c'est comme pour moi, ma première tortue.

Je t'embrasse et tu es et seras toujours la bienvenue

Ecrit par : Aslé | mercredi, 26 décembre 2007

Merci...
je me sens pas très brillante depuis 2 jours et c'est peut être dériosire mais ça m'a fait du bien hier de découvrir ce lieu... Comme un bout de voile levé ;-)
Rien n'est inutile pour s'arracher de ce qui tire vers le fond. Quand je trouve du bon pour moi je le sens tout de suite !

Je t'embrasse

Ecrit par : Eperdue | jeudi, 27 décembre 2007

Quel joli conte de Noël ca fait du bien de le lire, c'est tout tendre et en même temps je sens une certaine nostalgie qui m'est si familière .... Je t'embrasse !

Ecrit par : Jipes | mercredi, 02 janvier 2008

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