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jeudi, 20 décembre 2007
HRB
Elles avançaient. D’abord il y en avait eu 2, puis dix et cent... à présent elles étaient des milliers à marcher en ligne, franchissant tous les obstacles en les soulevant et laissant libres ainsi la voie pour les suivantes. Parce qu’il y en aurait d’autres, encore et encore. Elles n’étaient que la première vague, la toute petite en prémices du grand raz de marée qui recouvrirait le monde entier.
Elles étaient libres. Les plus vieilles grinçaient d’élégance tandis que les plus jeunes dans leurs berceaux mobiles à quatre roues, piaillaient d’impatience. C’était beau. De toutes les tailles, de toutes les couleurs et de toutes les marques, elles se donnaient la main invisible qui les unissait, marchant comme une seule femme.
Ce n’était pas une révolte. C’était une réalité. C’était la marche en avant des grues libérées.
Elles n’avaient pas de chef. Elles se portaient du même cœur, du même peuple, du même élan qu’elles s’insufflaient les unes aux autres parce que les vents n’étaient pas toujours dans le même sens que leur route, et que, certains jours quelques unes se perdaient dans le doute…alors elles s’épaulaient.
Tu y étais. Souviens-toi belle Anglaise d’Hermès revêtue, et toi aussi sibylline, échappée de la toundra qui à tes côtés respirait Volodia.
Tout parlait d’amour, d’espoir, du jour qui grandissait. Elles formaient l’horizon découpé de leurs différentes ossatures… et de près elles avaient la tendresse du rouge et bleu dans les yeux qui les découvraient.
Et quand deux d’entre elles se laissaient dépasser, traînant dans les arrières paysagés, c’était pour échanger de doux baisers.
Il y avait de l’ardeur à l’intérieur de la première ligne mais il y avait aussi de la pudeur, de celle dont les grues se voilent en clignant de l’œil pour un sourire caresse d’amour ou d’amitié.
Elles avancent encore celles qui furent les pionnières et derrière elles depuis se sont formées des milliers et des milliers d’autres lignes toutes aussi belles…
Chut … Ecoute. Je les entends. Elles parlent, elles rient, elles chantent, elles s’aiment et sont libres de leur existence.
Et le jour sera.
Toujours.
Car les grues ne meurent jamais tant qu’elles sont en marche et elles le sont depuis l’éternité d’un matin où une Rouge et une Bleue s’unirent des liens sacrés de la liberté, brisant ainsi la chaîne du passé.
Tout est à tout le monde, à commencer par la liberté d’être soi pour enfin trouver l’autre que l’on aimera.
18:26 Publié dans Des mots dans la suite , histoires D'Aslétie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : jeanne, aslé
Commentaires
Aslè, tu as pris ton envol de grue magnifique, tes textes sont splendides mais je te sens t'éloigner sur la pointe des pieds loin de cette bonne vielle ariaga. Je t'embrasse dans l'ombre de ma tour. (je plaisante un peu, j'ai l'impression que tu es dans un moment riche et j'en suis heureuse.)
Ecrit par : ariaga | jeudi, 20 décembre 2007
Tu parles si bien d'amour et surtout de liberté. J'aimerais que les grues soient aussi nombreuses à s'évader ensemble, dans cette marche en avant pleine d'élan et de tendresse.
Et puis ces mots qui font mouche : trouver l'autre que l'on aimera (si) l'on (sait) se donner la liberté d'être soi. Oui, mais euh, ça ne marche pas à tous les coups quand même... mais tant pis. Ou tant mieux, ce n'était pas l'autre attendu !
Ecrit par : meerkat | jeudi, 20 décembre 2007
oui Aslé c'est beau
comme un chant que pourrait reprendre toutes les grues du monde
un chant d'amour, de libeté, d'amitié
de quelque chose qui s'est mis en marche
parce qu'il le fallait, il fallait cet air léger et fort
des grues de tous les ages de toutes les couleurs
j'aime cette vision grutesque, il faudrait sur ça une musique, forte et douce
puissante et tendre
toutes ces grues seraient enfin des grues
je t'embrasse en RHB***
Ecrit par : jeanne | vendredi, 21 décembre 2007
Ariaga,
« mon envol de grue magnifique »…comme les oies sauvages, je décolle sur la pointe des pieds. Je ne t’oublie pas et je suis toujours ta princesse quelles que soient l’ombre et la lumière de ta tour.
Je t’embrasse…je migre au pôle…
Meerkat,
Les grues sont comme les humains, elles font des erreurs et parfois la même deux fois. Pam ! Pim ! et…Poum !!!
Jeanne,
Une musique : La Symphonie Des Grues De L’Antarctique. Nous devrions décider du Pôle !! Ne crois-tu pas ?
Je t’embrasse entre deux dissipations de brumes matinales…toute en nos couleurs de ****
Ecrit par : Aslé | dimanche, 23 décembre 2007

