« 2007-06 | Page d'accueil | 2007-08 »

lundi, 30 juillet 2007

vague

Vague vagabond d’âge

vague oppression

du temps qui passe

les lignes se touchent se suivent

de souvenirs

la vague tue tous les désirs

les rêves s’effacent

je n’ai plus rien à dire

pas même souffrir

Vague vague suppression

la fuite des sensations

c’est trop d’un coup

d’être submergée

un matin de lire son âge

comme dans un vieux journal

les doigts mouillés de l’air humide

donne-moi le temps

je vais pleurer

Les océans passés

vague d’y penser

les larmes vidées

vague à souffler

la tristesse blessée

vague divaguée

les ans ensorcelés

la vague a travaillé

le noir en fumée

donne-moi le temps

 je vais hurler

jeudi, 26 juillet 2007

D’Amour Et D’Hirondelle

La femme sans âge
absente de la vie
sans ride sans souci
nue d’étreinte
de contrainte
insignifiante
La femme absente
pas d’attache
ni relâche
rire de mort
sans accord



Dans la glace qui déteint
son visage est le sien
les yeux en chagrin
le sourire de demain

C’est moi dans tous mes états
le soleil en ouvrant les bras
le satellite calciné de la mir
la touche-à-tout du plaisir
la sonde de mille ennuis
la confusion de tous les gris

C’est l’effroi de me perdre encore
en balbutiements d’île au trésor
la carte de l’estime sur moi ouverte
les phases d’amour entrouvertes
le courage du plus beau des aveux
le murmure de mes mots sous vos yeux

Le si peu de moi avant de vous connaître

Mon Être

modulé d’espoir et d’incertain

lundi, 23 juillet 2007

Dissolution aux algues alchimiques

J’ai besoin de reprendre des mots forts
C’est que des larmes j’en ai tant encore
Toutes prêtes à s’écouler sur le décor

J’ai besoin d’elles qu’elles s’évaporent
De pleurer des perles en pluie d’or
Sous le soleil brillant de l’athanor

J’ai besoin de toucher cet arc-en-ciel
D’être l’ange en secret de Gabriel
D’étages d’espaces immatériels

J’ai besoin de rêves sans faire de rimes
De poésie sans avoir à l’écrire
De vivre au sort de l’alchimie
De fondre mes larmes en éclaircie
D’écrire sans mot dire
De ce silence aussi

Alors si j’ai mal aux yeux
Comme dans un courant d’air froid
Sur le banc
Suspendu entre deux nuages
Je noie
Ma douce tristesse
Aux algues d’Ariaga

samedi, 21 juillet 2007

Dans les yeux du chat

Je voudrais être un chat
Ton chat peut-être
Et te regarder du bord de la fenêtre


Le chat en avait vues plus d’une
Se trémousser sous la Lune
Mais celle-là c’était la sienne
Elle, cachée derrière les persiennes
Simplement vêtue de son corps
Avec autour du cou un collier d’or

Il faisait pourtant si sombre
Nul n’aurait pu apercevoir l’ombre
Seul le chat louvoyant de désir
Dans la noire caresse de son œil mire
Seul le chat pouvait croquer la souris
Elle était si belle en fleur de nuit
Son ombre offerte d’un incendie
Les étoiles les étoiles toutes…oui

Le félin brûlait des yeux d’emporter
Dans ses bras la douce dévoilée
Alors bondissant de n’en pouvoir plus
Il la couvrit de miaulements sans retenue

…il n’y a plus de chat aux persiennes
Seules les flammes qui sont les siennes…

Le chat se fit souris
La souris se fit chat
Le chat se fit amie
La souris se fit toi

Et c’est ainsi

Le chat noir épousant la souris blanche
Que naquirent des milliers d’éléphants

mercredi, 18 juillet 2007

...

Je ne suis plus là
Je suis dans l’ombre du vent

Au saut d’un élan
Partie d’ici
Pour arriver là
La tête en bas
Entre mes bras

J’oscille sans importance
Aiguille absente du temps
La seconde ?
Je suis dans l’ombre du vent

Amoureuse investie
De nulle abri
Je bouge en silence
Sans bruit je passe
Je vis je lasse
Je brise je souffle
Mon ombre ?
Je suis dans l’ombre du vent

Ma tête se vide
En mélanges
Mon corps a lui
Et toi tu me regardes
Dans l’ombre ?
Je suis dans l’ombre du vent

dimanche, 15 juillet 2007

Balles de feu

Qui êtes-vous ?
Si les feux s’allument
En vous laissant dans l’ombre
Des étoiles en poudre

Belle, belle aux yeux
D’invisible noirceur
Les flammes intérieures
Vous soufflent des regards
De lumière brûlante

Qui êtes-vous ?
Semée de doutes
Dans le ciel blanc
Belle, belle aux yeux
D’invisible noirceur
Il pleure des fusées de malheur
Et je gémis d’être touchée
Par l’artifice de vos pensées

Pourquoi avoir peur ?
Belle, si libre aux yeux
De voir vos propres éclairs
Suivre les lignes de mes mots

Moi je vous écoute parler
Belle, belle aux yeux
D’invisible noirceur
Je vous écoute
Dans l’embrasement
D’une nuit d’été

Aslé

samedi, 14 juillet 2007

Le cœur sans ordonnance


Laisse s’installer le silence
Le temps passe vite sans parole
Le corps se pousse d’une émotion
Simplement il se plie au désir
D’une existence sans mot sans mal

Laisse s’installer l’absence
Les années passent dans la glace
Le sourire se pousse à la vie
Simplement il se lie de l’amour
A l’autre de soi sans mot sans mal

Laisse s’installer la présence
Les instants passent à retenir
Le cri se pousse comme il se dit
Simplement il se lie au secours
De celui qui prie sans mot sans mal

Laisse s’en aller la conscience
Les heures se passent de l’urgent
Les lèvres se poussent à embrasser
Simplement elles se lient au bonheur
De vivre ensemble sans mot sans mal

vendredi, 13 juillet 2007

quelques mots

A Melle Ars

Quelques pas pris au hasard d’un verre
Sans lendemain ou alors juste sans hier
Quelque part pris au hasard d’une lumière
Sans contre-jour ou alors juste sans prière
Quelques voies prises au hasard d’une gare
Sans terminus ou alors juste sans départ
Quelques éclairs pris au hasard d’un regard
Sans précision ou alors juste en retard
Quelques personnes prises au hasard d’une vie
Sans soumission ou alors juste sans éclaircie
Quelques fois prises au hasard de mes envies
Sans prétention ou alors juste sans avoir ri
Quelques photos prises au hasard d’une nuit
Sans insomnie ou alors juste sans ennui
Quelques mots pris au hasard d’un bruit
Sans le silence ou alors juste sans lui
Quelques cheveux pris au hasard d’un jour
Sans amertume ou alors juste sans parcours
Quelques jours pris au hasard des contours
Sans idée faite ou alors juste sans détour
Quelques fois prises au hasard des lois
Sans injustice ou alors juste sans une fois
Quelques mois pris au hasard des bois
Sans un miroir ou alors juste sans moi
Quelques images au hasard de mes yeux
Avec un œil ou alors juste avec deux
Quelques couleurs au hasard lumineux
Avec un cœur ou bien même deux
Quelques traces au hasard de mes pas
Juste mon âme perdue à bout de bras

petroselinum sativum

Dans ces temps immémoriaux où les mots se jouaient de leur tempo, l’Univers n’était peuplé que de fées, de magiciens et de grenouilles.
Les fées avaient la féerie, les magiciens la magie et les grenouilles le persil.
Les fées épousaient les magiciens, les magiciens épousaient les fées mais il arrivait parfois qu’une fée épousât une fée ou qu’un magicien épousât un magicien.
Quant aux grenouilles elles se mariaient entre elles mais il arrivait parfois que l’une d’elle épousât une fée ou qu’une autre épousât un magicien.
Dans ces temps-là, le monde était parfait.
Les grenouilles s’ébattaient de liberté dans les immenses champs de persil fleuris et les crapauds n’existaient pas, parce que les grenouilles à force d’avoir mangé des escargots étaient devenues herm-aphrodites.
Il y avait des grenouilles danseuses, chanteuses, jongleuses, photographieuses, dessineuses, rimeuses, cinéasteuses…enfin fabuleuses…des grenouilles heureuses.
Il y avait des grenouilles de toutes les couleurs, de toutes les formes, de toutes les tailles sur tous les continents de toutes les planètes de tous les univers…et fées et magiciens les couvaient du haut de leurs pouvoirs bienveillants.

Mais dans ce monde grenouillement merveilleux, il y avait une toute petite grenouille triste et silencieuse car elle n’aimait ni les escargots ni le persil…elle rêvait d’être une fée ou un magicien et les jours de grand désespoir, les deux à la fois.

Elle vivait seule au milieu d’une mare
Les yeux perdus vers le grand nulle part
Son amie de passage un jour
L’emmena aux portes de l’amour
Et lui tint à peu près ce discours(!)
Perdue dans les hautes tiges de persil lourd
J’ai vu une fée pour toujours
Et c’est toi mon rêve aux silencieux contours
La petite grenouille but toutes les paroles amies
Et d’un trait se maria à l’éternité d’une vie
Elle fut heureuse noyée de longues années
Aux côtés de sa si douce bien aimée
Qui avait su voir en elle une fée

Et c’est ainsi que dans chaque grenouille se porte l’amour, quand simplement des yeux savent regarder, il en est qui savent voir et leur parler.


Aslé

jeudi, 12 juillet 2007

La formule bleu orange

De retour sur sa planète, Aslé se précipita pour mettre la photo recto-verso au frais dans le conservateur des mots.
Se faisant, elle s’aperçut soudain de l’absence d’un ingrédient indispensable pour son repas spirituel du soir : un bouquet de…persil ! Or il s’avérait qu’à cette heure tardive, toutes les planètes étaient éteintes…sauf…sauf une toute petite planète qui fourmillait encore de fils lumineux.
Dans ce grand shop de l’espace, elle savait qu’elle n’aurait à offrir que quelques escargots de sa colonie contre une immense botte de persil. Mais elle ne pouvait déchirer un coin de la photo…

eab2b9009f0698f47ded978fefb760cb.jpg


Assise sous la lanterne rouge orangé qui éclairait l’entrée des rêves, elle se mit à réfléchir…lorsqu’une fée vint à passer dans un nuage-baignoire de bulles de savon multicolores(je fais une pause fou rire).

-Aslé Aslé…quelle est la raison de ce désarroi ?

-Chère Fée, je cherche comment immobiliser une grenouille vadrouillante quelques instants, oh juste quelques instants, le temps de cueillir des brassées de persil sous la lumière étoilée de son royaume enchanté car la race volante escargotière toute entière est en danger sous la terrible menace qui pèse…(Aslé reprenant son souffle) celle que puisse disparaître à tout jamais ce soir la fabuleuse aventure des escargots des airs…

-Aslé Aslé Aslé Aslé Aslé Aslé Aslé Aslé Aslé Aslé Aslé Aslé…(oui j’aime trop entendre mon nom prononcé par une fée)…laissez-moi le temps de retrouver la formule de la bulle emprisonnante.

…pendant ce temps, sur d’autres planètes, le repas était à la fête de steaks qui saignaient sous le regard haché de la tristesse infinie de dents de lait qui n’en finissaient pas de tomber…

Et l’envie forte de persil revenait comme le petit matin dans un bol de café, l’impatience gagnait Aslé, ce persil c’était tout son esprit, toute son eau de vie, tout son haut de là, toute sa liberté…dans l’attente tous les mots défilaient…. Encore et encore jusqu’à s’endormir dans un rêve de laurier…

…et dans la nuit sans relâche les mots défilent, les derniers essayant de rattraper les premiers dans une course insensée. Ils passent et repassent en défilé, une vaste parade comme un concours où l’on oublie le précédent quand se prépare le suivant. Impossible de s’arrêter, impossible de suivre le mouvement…J’ai le tournis. Je ne veux pas ça : une pile de cahiers en éternel recommencement, un crayon qui aimerait s’arrêter, se taire et n’avoir rien à dire qu’un seul unique mot…

Envie d’une page blanche à moi, d’un crayon à papier sans gomme et de dessiner des mots dans le silence, lentement sans y penser. Laisser tracer ma main de droite à gauche enfin…. Et me reposer sur ce que je suis.

Je suis : c’est ce que j’étais avant, avant tout, avant d’apprendre, avant d’apprendre des autres comment il faut « être »… comme tout le monde.
Je suis des sensations, je suis un corps, je suis une révolte, je suis la paix, je « suis » le cours de ma vie, je suis rapide, je suis lente, je m’arrête et je contemple, parfois le vide…Et alors ! J’aime me reposer dans le néant…D’ailleurs je ne vois pas d’autre endroit…A part cet « autre » , cet improbable qui saurait se taire et s’effacer pour m’écouter quand je n’ai rien à dire. Mais ça n’est pas un espace, c’est quelqu’un, c’est une âme contre qui fermer les yeux, c’est s’abandonner, c’est dormir et rêver les mêmes rêves…

Je suis : c’est exister dans mon existence et mon existence c’est d’être « je ». Et « je » c’est pour dire que j’existe, mais pas seulement…Et « je » me soulage d’être moi… et me fais accepter comme je suis… Quelqu’un à ne confondre avec personne d’autre que moi…

Après les douces pensées de la nuit, Aslé se sentit réconfortée…la formule bleue planait d’être enfin révélée…et dans un sourire elle se mit à ne plus l’attendre pour enfin l’écrire dans le regard des yeux merveilleux qui l’entouraient…

(à suivre)

Toutes les notes